‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 187 sur 376 · PROJET DE REPRÉSENTATIONS ALLEMANDES A PARIS · texte numérisé non relu

PROJET DE REPRÉSENTATIONS ALLEMANDES A PARIS

Devrient surtout manifestait en cela une telle violence et une telle dureté que je finis par le soupçonner de contribuer personnellement à me tenir éloigné de Carlsruhe. Évidemment il n'entendait pas être dérangé dans la direction de son théâtre. Quant au grand-duc, ennuyé sans doute de ne pouvoir remplir sa promesse de me recevoir dans sa résidence, il devait être bien aise que l'obstacle à ma visite ne provînt pas de lui. Bülow, qui avait été à Carlsruhe à diverses reprises, fit plus d'une allusion significative aux sentiments que Devrient professait à mon égard. Mais je ne devais tirer parfaitement la chose au clair que plus tard. Pour l’instant, je ne comprenais que trop bien que l'Allemagne me fermait ses portes. Et cette représentation, en particulier, qui me tenait tant à cœur, il me fallait chercher à la faire donner ailleurs.

C’est pourquoi je formai tout de suite le plan de réunir, pour une tournée à Paris même, une troupe allemande pareille à celle qui s’y était fait connaître autrefois avec la participation de Mme Schrœder-Devrient. Je croyais être sûr que tous les bons chanteurs des théâtres allemands n'hésiteraient pas à répondre à mon appel. Pour le cas où je réussirais à fonder solidement mon entreprise, je reçus, en effet, des assurances favorables de Tichatschek, de Mitterwurzer, du ténor Niemann, ainsi que de la cantatrice Louise Meyer de Vienne. Il ne me restait donc qu'à dénicher à Paris — mais c’était là la grande difficulté — l'homme qui, à ses risques et périls, consentirait à mettre mon projet à exécution. La saison des Italiens terminée, j 'avais l'intention de louer la salle Ventadour et d'y faire représenter, au printemps et deux mois durant,

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