‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 189 sur 376 · FOULD ET MOCQUARD · texte numérisé non relu

FOULD ET MOCQUARD

Liszt. Comme compagnon, il nous amena sur-le-champ un homme aimable et intelligent nommé Giacomelli. Celui-ci rédigeait un journal théâtral et Belloni me le recommanda chaudement, à cause de son « beau français » et de son extrême activité. Le singulier bureau de rédaction de mon nouvel associé prit dès lors une importance marquée dans mon existence; j’y allais presque journellement et j’y donnais rendez-vous à tous ces êtres bizarres qu’à Paris on est forcé de fréquenter dès

qu’il s’agit d’entreprises de théâtre ou d’autres du même genre.

Notre premier point était d’obtenir une salle convenable. Or, il était évident que je ne pourrais présenter mes concerts au public parisien nulle part plus avantageusement que dans la salle du Grand Opéra et avec son orchestre. Pour cela, j’avais à m’adresser à 1 empereur Napoléon ; je le fis dans une brève requête que rédigea Gaspérini. Mais je savais qu’il fallait me méfier du ministre Fould, que son amitié pour Meyerbeer me rendait hostile. Afin de contrecarrer son influence nuisible, nous résolûmes de lui opposer celle de M. Mocquard! secrétaire particulier de Napoléon, et, si j’en croyais Ollivier, auteur des discours que prononçait l’empereur.

Dans un élan de générosité, M. Lucy se décida à me recommander personnellement à M. Mocquard, dont il avait vaguement été l’ami de jeunesse. Mais aucune réponse n’arriva des Tuileries. J’en conclus, et mes deux amis, plus pratiques que moi, furent de mon avis, que nous ne pouvions lutter contre la puissance de ce ministre d État. C’est pourquoi j’entrai en pourparlers

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