‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 204 sur 376 · LE MARÉCHAL MAGNAN · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL MAGNAN

avait assisté à mes trois concerts, j’osais supposer en lui une sympathie que je pourrais mettre à profit ; l’empereur, disait-on, lui devait une reconnaissance spéciale depuis le 2-Décembre. Voulant avant tout avoir prise sur Fould, qui me détestait, je m’adressai donc au maréchal et un jour, à ma surprise, je vis un hussard s’arrêter devant ma porte, descendre de cheval et remettre à mon domestique ahuri une lettre de Magnan : il m’y fixait rendez-vous chez lui. Ce mili taire, imposant jusqu’à l’exagération, me reçut dans son bureau de commandant ; il causa très intelligemment avec moi et m’avoua franchement son goût pour ma musique. Il écouta avec attention mon rapport sur les tentatives infructueuses que j’avais faites auprès de l’empereur et sur mes soupçons en ce qui concernait Fould. On m’a raconté que le soir même de notre entrevue, ce maréchal interpella le ministre à mon sujet. Une chose est certaine, c’est qu’à partir de ce jour je reçus des preuves toujours plus marquées du changement d’opinion qui se manifestait aux Tuileries. Ce changement résulta d un mouvement en ma faveur qui se produisit dans un milieu auquel je n’avais pas songé à m’adresser.

Bülow qui n’avait toujours pas quitté Paris, tant il était captivé par la tournure que prenaient les choses, avait reçu de la princesse regente de Prusse des lettres de recommandation pour son ambassadeur, le comte de Pourtalès. Jusqu’alors Bülow n’avait pas pu obtenir que celui-ci demandât de lui-même à faire ma connaissance. Pour arriver à ses fins, il eut 1 idée d inviter l’ambassadeur et son attaché, le comte de Hatzfeld,

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