‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 207 sur 376 · LE CONSEILLER D’ÉTAT KLINDWORTH · texte numérisé non relu

LE CONSEILLER D’ÉTAT KLINDWORTH

prétendaient être sa femme. Lors de mon séjour à Londres, Liszt m’avait pourvu d’une recommandation pour cette dame, mais elle n’était pas venue en Angleterre. Je fus donc aussi content que surpris de recevoir une invitation d’elle à Bruxelles. Pendant qu’elle s’occupait avec beaucoup d’empressement de mon bien-être, M. Klindworth, infatigable, me faisait le long récit de ses aventures d’agent diplomatique à la carrière mouvementée. Je dînai plusieurs fois chez eux et j’y rencontrai le comte et la comtesse Coudenhoven ; cette dernière était la fille de ma vieille amie Mme Kalergis. M. Klindworth me témoigna un intérêt constant ; il m’obligea meme à accepter une recommandation pour le prince Mettemich dont il prétendait avoir connu intimement le père.

Dans une de nos dernières reunions cependant, je crus que nous allions nous brouiller. Évoquant la Providence qui régit tous nos actes, il avait émis des maximes qui ne concordaient guère avec la frivolité habituelle de ses pensées, aussi lui répondis-je assez vertement et ma réplique le mit hors des gonds. Mais ma crainte de l’avoir fâché ne se réalisa ni alors, ni plus tard.

En dehors de ces intéressantes relations, je ne trouvai à Bruxelles que soucis et vains tracas. Le premier concert qui n’était pas dans l’abonnement fut très bien fréquenté, mais une clause démon contrat, que je n’avais pas comprise, faisait retomber tous les frais a ma charge et la direction les calcula de telle manière qu il ne me resta presque pas de bénéfice. Je pensais me rattraper au deuxième concert ; malheureusement cette fois-ci les abonnés remplirent seuls la salle et il y eut peu d audi-

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