M. FRÉDÉRIC VILLOT
ressants étrangers y paraissaient, espérant y trouver le secret de ma fortune extraordinaire. Mlle Ingeborg Stark, qui épousa le jeune Hans de Bronsart, remplit mon salon de son élégance et se chargea du rôle de pianiste ; Mlle Aline Hund de Weimar la seconda modestement ; un jeune musicien français extrêmement bien doué, Camille Saint-Saëns, prit une part aussi agréable qu'active à nos divertissements musicaux. Parmi mes autres connaissances françaises, la plus précieuse à mon gré était M. Frédéric Villot, conservateur des tableaux du Louvre. J’avais rencontré cet homme délicat et de fine culture dans le magasin de l’éditeur Flaxland (où j’avais souvent affaire). C’était un jour qu’il était venu s’informer si la partition de Tristan , qu’il avait commandée, était arrivée. Très intrigué, je m’étais fait présenter et ayant appris qu’il possédait les partitions de mes opéras précédents, je lui avais demandé comment, ne sachant pas l’allemand, il pouvait trouver un plaisir quelconque à parcourir mes compositions dramatiques, car la musique y est si étroitement liée au poème qu’il ne devait presque pas la comprendre. Il m’avait répondu avec beaucoup d’intelligence que la musique l’avait précisément éclairé sur le sujet, et je m’étais pris sur-lechamp d’une sérieuse sympathie pour cet homme. Dès lors, je me réjouis de rester en rapports avec lui. Plus tard, je n’ai cru trouver personne de plus digne que Villot de recevoir la dédicace de l’introduction détaillée placée en tête de la traduction française de mes opéras. Il se faisait jouer mes partitions, trop difficiles pour lui, par le jeune Saint-Saëns qu’il protégeait, paraît-il. J’ap-