‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 22 sur 376 · LE JUDAÏSME DANS LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LE JUDAÏSME DANS LA MUSIQUE

théorique, demeuré manuscrit jusqu’à présent, sur la formation des phrases et thèmes musicaux. J’y constatai une interprétation originale et un examen approfondi des manières de Mozart et de Beethoven dans leurs différences très caractéristiques. Il me parut que cette étude si consciencieuse était propre à servir de base à une nouvelle théorie de la phrase musicale ; par elle, on pourrait éclairer le procédé mystérieux de Beethoven et arriver à en élaborer un système compréhensible et applicable.

Ses articles avaient attiré l’attention de l’éditeur de la Nouvelle revue musicale , Franz Brendel. D’un instinct sûr, celui-ci devina la valeur du jeune homme. Devenu collaborateur de ce journal, Uhlig réussit facilement à tirer Brendel de son indécision et à pousser cet homme, dont les intentions étaient honnêtes et sérieuses, vers la « Nouvelle École » qui devait faire sensation dans le monde de la musique. Je ne pus m’empêcher de collaborer à mon tour à cette revue et j’envoyai un article qui eut des conséquences fatales. Je m’étais aperçu qu’on employait souvent dans un mauvais sens les grands mots de « mélodies juives », « musique de synagogue » et autres du même genre et qu’il n’en résultait que d’inutiles provocations. Je me sentis donc poussé à examiner à fond la question de l’ingérence des juifs modernes dans la musique, à montrer leur influence et à énumérer les signes caractéristiques de ce phénomène. J 'exprimai mes pensées là-dessus en une longue dissertation que j'intitulai : le Judaïsme dans la musique. Je n’avais aucunement l’intention de désavouer ma signature si l’on voulait con-

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