‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 23 sur 376 · HOSTILITÉ DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

HOSTILITÉ DE LA PRESSE

naître le nom de l'auteur; pourtant j'avais trouvé préférable de prendre un pseudonyme afin d'éviter que ce sujet, qui me tenait à cœur, ne devînt une affaire de personnalité et ne perdît ainsi sa véritable signification. Le scandale que causa cet article, l'effroi qu’il répandit sont indescriptibles. Les hostilités incroyables auxquelles j’ai été en butte jusqu'aujourd’hui de la part de tous les journaux d’Europe ne sont compréhensibles qu’à celui qui a été témoin de l'éclat provoqué par ma publication et qui sait que la presse européenne est presque exclusivement entre les mains des Juifs. Ceux qui, au contraire, ne croient devoir rechercher le motif de ces incessantes persécutions que dans l’aversion théorique et pratique qu'inspiraient à mes adversaires mes points de vue et mes travaux n'auront jamais une idée nette de ces choses.

Le premier effet de cette tempête atteignit le pauvre Brendel, qui dut pâtir d’un article dont il ne pouvait mais. Un autre résultat immédiat fut celui-ci : ceux qui, poussés par Liszt, s'étaient déclarés en ma faveur, s'empressèrent de garder un silence prudent ou prirent même une attitude malveillante, car ils estimaient que dans l'intérêt de leurs propres affaires il serait bon de pouvoir prouver à l’occasion qu'ils s'étaient détournés de moi.

Uhlig, lui, ne m’en témoigna que plus d'attachement. Brendel étant un peu pusillanime, il l’engagea à tenir ferme et lui fournit constamment pour son journal des articles ou sérieux et approfondis, ou mordants et amusants. Il s'attaqua spécialement à notre principal controversiste, un certain Bischoff, de Cologne, que Ferdinand Hiller avait gagné à sa cause. C'est lui qui inventa

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