‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 225 sur 376 · JE TOMBE GRAVEMENT MALADE (NOVEMBRE · texte numérisé non relu

JE TOMBE GRAVEMENT MALADE (NOVEMBRE

car c'était le seul moyen qui lui permît, à lui, d'actionner à son tour le gouvernement.

L’exercice de sa profession ayant été interdit pour trois mois à mon ami Ollivier par suite d'une faute parlementaire, il m'adressa à l’avocat Picard. Celui-ci mena mon procès avec beaucoup d’humour et d’entrain, ainsi que me le prouvèrent les comptes rendus judiciaires. Je ne sais si le propriétaire fut plus heureux, mais à moi, on me refusa tout dédommagement, et il fallut me contenter de la résiliation pure et simple de mon bail. J’eus donc le plaisir de devoir m’installer dans un autre logis que je pris cette fois rue d’Aumale, près du Grand Opéra. C’était un appartement étroit et peu agréable. Notre pénible déménagement se fit à la fin de l’automne, par une vilaine température. Ma nièce Ottilie, fille de ma sœur Louise, enfant aimable et vaillante, se rendit très utile à cette occasion. Malheureusement, je ne me ménageai pas assez moi-même ; je me refroidis fortement et l’excitation des répétitions aidant, il fallut m’aliter : j’avais la fièvre typhoïde.

C’était en novembre. Mes parents, obligés de rentrer chez eux, me quittèrent sans que j’en eusse conscience. Soigné par mon ami Gaspérini, je réclamais l’aide de tous les médecins possibles, pendant mes paroxysmes de fièvre : le comte de Hatzfeld fit vraiment venir celui de l’ambassade de Prusse. L’injustice que je commettais ainsi envers mon si consciencieux ami ne provenait nullement d’un manque de confiance de ma part : elle n’était que le résultat du délire qui troublait mon cerveau en le remplissant des images les plus luxuriantes et les plus saugrenues. Je

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