JE DÉSIRE RETIRER MA PARTITION
que de nous fatiguer jusqu’au dégoût, moi et tout le personnel de l’Opéra, sans que, pour cela, M. Dietzsch comprît mieux les mouvements de l’œuvre qu’il dirigeait. Aussi, lorsque, pour le bien de la représentation future, je fis mine d’user de la permission impériale, ce fut un tollé général contre le « trop :> des répétitions, et les membres de l’orchestre se montrèrent particulièrement impétueux dans leur opposition. Je vis que ma soi-disant puissance n’était plus prise au sérieux par la direction du théâtre, et comme la lassitude ne faisait que s’accentuer de tous côtés, je résolus de retirer ma partition (selon le terme consacré), c’est-à-dire de renoncer à la représentation de Tannhâuser au Grand Opéra.
J’adressai dans ce sens une requête motivée au ministre d’État Walewsky ; mais il me répondit qu’il était impossible d’accéder à mon désir, les frais occasionnés par les préparatifs de la pièce ayant été trop considérables. Je ne me déclarai pas satisfait de cette raison et j’appelai à mon aide les amis qui s’étaient le plus intéressés à mon entreprise, le comte de Hatzfeld et Émile Erlanger entre autres, et les priai de conférer avec moi sur les moyens d’empêcher la représentation de Tannhâuser. Le hasard voulut qu’Otto Wesendonck fût aussi de cette réunion : il attendait toujours le plaisir d’assister à la première. C'est alors sans doute qu’il se convainquit du désespéré de la situation : il se hâta de reprendre le chemin de Zurich. Praeger était parti de même ; Kietz, seul, tint bon, tout en s’efforçant de trouver à Paris les quelques subsides qu’il lui fallait pour vivre.
On décida, dans cette conférence, de s’adresser une