‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 243 sur 376 · JULES JANIN. — M. VACQUERIE · texte numérisé non relu

JULES JANIN. — M. VACQUERIE

Du reste, je fis alors la connaissance d’un grand nombre de chaleureux défenseurs de ma cause. Dans les petits journaux dont Meyerbeer ne s’inquiétait pas, on m’exaltait positivement et d’excellents jugements y furent publiés sur ma musique. Ainsi j’ai lu quelque part que Tannhâuser était « la symphonie chantée ».

Baudelaire se distingua par une brochure spirituelle et mordante écrite en ma faveur, et Jules Janin luimême me surprit par l’indignation qu’il exprima dans un feuilleton des Débats; il racontait toute l’affaire à sa méthode habituelle, c’est-à-dire en s’écartant du sujet. Dans les théâtres, on montait des parodies de Tann hâuser et Musard ne crut pas trouver de meilleur moyèn d’attirer du monde à ses concerts qu’en mettant journellement Y Ouverture de Tannhâuser en lettres gigantesques à son programme. Pasdeloup, dans une intention démonstrative, fit souvent exécuter aussi de mes compositions. Il y eut encore une grande matinée chez la comtesse de Lœwenthal, femme de l’attaché militaire d'Autriche : Mme Viardot y chanta différentes parties de Tannhâuser et reçut un cachet de cinq cents francs pour sa peine.

Par un singulier rapprochement, on associa mon sort à celui de M. Auguste Vacquerie dont le drame : les Funérailles de l'honneur, avait également échoué de façon scandaleuse. Ses amis lui offrirent un banquet auquel on m’invita. On nous fêta avec enthousiasme, on prononça des discours enflammés contre la façon dont le public s'encanaillait, on effleura même la politique, car mon compagnon de malheur était parent de Victor

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