OFFRES DE M. DE BEAUMONT
Hugo. A mon regret, mes admirateurs particuliers avaient lait placer un piano dans la salle ; on m'assit de force devant l'instrument et je dus jouer des airs fayoris tirés de Tannhâuser, de sorte que la fête prit le caractère d’un hommage spécial à ma personne. On voulut aussi profiter de la popularité que je m'étais acquise par mon aventure pour lancer de grandes entreprises. Le directeur du « Théâtre-Lyrique » se donna mille peines pour dénicher le ténor capable de chanter Tannhâuser et c’est seulement parce qu’il ne le trouva pas qu’il renonça à monter mon opéra sur sa scène. M. de Beaumont, directeur de 1' « Opéra-Comique », à la veille de faire faillite, espérait se tirer d'affaire avec Tannhâuser et me fit les offres les plus pressantes. A vrai dire, il croyait obtenir par la même occasion l'appui de la princesse de Metternich auprès de l’Empereur et celui-ci devait lui venir en aide dans sa misère. Il me battit froid de ce que je ne me laissai pas tenter par les brillantes perspectives qu'il fit miroiter à mes yeux et qui en vérité ne me tentèrent nullement. A quelque temps de là, je n'appris cependant pas sans plaisir que Roger, à présent à 1' « Opéra-Comique », avait fait jouer une partie du dernier acte de Tannhâuser dans une représentation à son bénéfice. Cela lui valut les attaques furieuses de la presse, mais un fort bon accueil du public.
Et les projets d’entreprise se multipliaient. Un M. de Chabrol, signant Lorbach dans les journaux, se présenta chez moi au nom d’une société à la tête de laquelle se trouvait un homme extraordinairement riche : il s'agissait de fonder un « Théâtre Wagner » dont je ne