‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 251 sur 376 · AIDE DE QUELQUES AMIS DE MON ART · texte numérisé non relu

AIDE DE QUELQUES AMIS DE MON ART

qui se trouvait derrière la maison de M. Stürmer, rue de la Tour-des-Dames. C’est là que j’enfouis notre chien le jour suivant. Il me fallut une rare éloquence pour obtenir de la gouvernante de M. Stürmer, alors absent, l’autorisation de creuser sous les buissons du jardinet une fosse suffisamment profonde pour le pauvre petit animal.

J’accomplis ce pénible devoir avec l’assistance de mon concierge; puis je comblai soigneusement la tombe en m’appliquant à rendre la place aussi méconnaissable que possible, car je craignais que M. Stürmer ne fût guère porté à donner l’hospitalité à un cadavre de chien. De cette façon, je réussis à lui enlever la possibilité de le faire déterrer.

Enfin le comte de Hatzfeld me fit savoir de la façon la plus affable que quelques amis de mon art, mais désireux de garder l’anonymat, s’étaient réunis pour m’offrir les moyens de me tirer de mes difficultés imméritées. Je crus ne devoir cet heureux résultat qu’à ma protectrice, la princesse de Mettemich, et après lui en avoir exprimé ma reconnaissance, je pus songer à quitter définitivement mon installation parisienne. Je tenais à ce que Minna, dès les premières mesures prises, partît pour faire sa cure en Allemagne. Moi-même, je n’avais d’autre projet que d’aller voir Liszt à Weimar où, au mois d’août, devait avoir lieu une réunion de musiciens allemands et où l’on exécuterait des compositions de Liszt en audition d’adieu.

D’autre part, Flaxland, qui s’était enhardi à publier une édition française de mes autres opéras, désirait me

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