‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 271 sur 376 · SCHOTT REFUSE LES« MAÎTRES CHANTEURS · texte numérisé non relu

SCHOTT REFUSE LES« MAÎTRES CHANTEURS

en réquisition pour qu’il me procurât les matériaux nécessaires à la construction de ma pièce. Tout d’abord, j’étudiai attentivement la dissertation polémique de Grimm sur la musique de ces maîtres chanteurs, puis il me fallut consulter la chronique nurembergeoise du vieux Wagenseil. Cornélius m’accompagna à la Bibliothèque impériale ; l’ouvrage s’y trouvait heureusement, mais pour obtenir la permission de l’emprunter, mon ami dut faire une visite au baron Münch-Bellinghausen (Halm), visite qu’il me dépeignit comme fort désagréable. Enfin, je m’appliquai dans mon hôtel à faire de cette chronique des extraits dont je sus si bien me servir dans mon poème que les ignorants en ont été stupéfaits.

Mais avant tout, il s’agissait de trouver de quoi vivre pendant le temps que j’allais consacrer à mon travail. Je songeai à l’éditeur Schott de Mayence et lui offris les Maîtres chanteurs , à condition qu’il me fournît les subsides indispensables à mon existence durant la création de l’œuvre. Et, dans mon désir ardent de me pourvoir d’argent pour le plus longtemps possible, je proposai de lui céder non seulement la propriété littéraire des Maîtres chanteurs , mais encore mes droits d’auteur sur les représentations, le tout moyennant vingt mille francs. Un télégramme négatif de Schott fit crouler mes espérances. Contraint d’avoir recours à d’autres moyens, je résolus sur-le-champ de partir pour Berlin. Bülow, qui ne cessait de s’inquiéter de moi, m’avait laissé entrevoir la possibilité de gagner une assez forte somme en y donnant un concert que je dirigerais moi-même. Comme, d’autre part, je désirais ardemment trouver un abri chez

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