‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 272 sur 376 · PLAN SCÉNIQUE DES« MAÎTRES CHANTEURS · texte numérisé non relu

PLAN SCÉNIQUE DES« MAÎTRES CHANTEURS

des amis, il me parut que Berlin était ma dernière planche de salut.

J’étais sur le point de me mettre en route lorsque, le matin de mon départ, je reçus de Schott la lettre qui suivait sa dépêche de refus et qui m’ouvrait des perspectives plus favorables. Schott m’offrait d’accepter immédiatement l’arrangement pour piano de la Walkyrie et de m’avancer quinze cents florins d’acompte sur le contrat définitif. A cette nouvelle, la joie de Cornélius fut indescriptible : il croyait les Maîtres chanteurs sauvés. D’un autre côté, Bülow se voyait forcé de me communiquer les fâcheuses expériences qu’il venait de faire en préparant l’organisation de mon concert. Plein de colère et de découragement, il m’écrivait que M. de Hülsen lui avait déclaré qu’il ne me recevrait pas si je venais à Berlin ; quant à donner l’audition dans la vaste tabagie de Kroll, il ne pouvait en être question.

J’esquissais donc avec ardeur le plan scénique détaillé des Maîtres chanteurs , lorsque l’arrivée du prince et de la princesse de Mettemich vint donner une tournure encore plus avantageuse à mes affaires, en apparence du moins.

Mes protecteurs de Paris s’inquiétaient sérieusement de mon sort ; la chose était évidente. Voulant leur être agréable, je réussis à décider la direction du théâtre de me prêter son excellent orchestre pour quelques heures de la matinée afin que, sous forme de répétition au théâtre, je pusse faire exécuter quelques parties de Tristan. L’orchestre, ainsi que Mme Dustmann, répondirent à mon désir avec le plus grand empressement ; la princesse de Mettemich et quelques-unes de ses connaissances

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