‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 301 sur 376 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

NOCE VILLAGEOISE A OSTHOFEN

reçu un bon pourboire et nous fêtâmes 1 heureuse issue de l’incident par un repas fort gai, arrosé du meilleur vin.

Bien des années plus tard, j’ai su l’épilogue de ce petit événement. En 1873, étant entré dans un restaurant de Cologne, je fus salué par le tenancier qui se présenta comme étant celui qui nous avait servis dans 1 auberge au bord du Rhin et auquel j’avais donné mon billet de cent florins à changer. Le même jour, il avait raconté l’histoire de cette banknote à un Anglais et celui-ci lui avait offert de la lui acheter le double de sa valeur.

L’aubergiste n’avait pas voulu entendre parler d’un tel marché, mais il avait cédé le billet à condition que l’autre régalât de champagne la société qui se trouvait là quand l’anecdote fut racontée. Et l’Anglais avait accepté.

Une excursion moins agréable fut celle que nous procura une invitation de la famille Weisheuner, à Osthofen.

Nous y logeâmes, non sans avoir dû prendre part aux agapes d’une noce de paysans. Cosima seule garda sa bonne humeur ; je tâchai de suivre son exemple, tandis que Bülow, en proie à un gros mécontentement, eut des accès de colère contre tout ce qu’il rencontrait sur son passage. Nous nous consolâmes en nous jurant que nous ne nous y laisserions plus jamais prendre. Le lendemain, les soins se rattachant à ma position me forçaient de rentrer chez moi. Cosima chercha à distraire et à égayer Hans en l’emmenant jusqu’à Worms admirer la vieille cathédrale, puis ils me rejoignirent à Biberich.

Je me rappelle aussi une petite aventure qui nous arriva à la roulette de Wiesbaden. On m’avait payé vingt louis

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