PRÉPARATIFS DES CONCERTS DE VIENNE
réussite de ces études, moins à cause des capacités du personnel qu'à cause de son mauvais vouloir. La conduite absurde de Mme Dustmann m’enlevait le goût d’assister fréquemment à ces répétitions. En revanche, j’espérais prouver à mes adversaires cachés que j’avais d’autres moyens à ma disposition pour présenter ma nouvelle musique au public et que je n’en étais pas réduit à dépendre de représentations théâtrales. Je n’avais qu’à faire exécuter dans un concert des fragments de mes opéras encore inconnus à Vienne. Tausig me fut d’un grand secours dans tout ce qui regardait le côté pratique de l’entreprise. Nous convînmes de louer pour trois soirées le théâtre « An der Wien » et d’y donner mes concerts fin décembre, à huit jours d’intervalle.
Mais il me fallait avant tout faire copier les parties d’instruments des fragments que je tirai deux par deux de YOr du Rhin , de la W al kyrie et des Maîtres Chanteurs. Je retins l’ouverture de Tristan , qui eût risqué de coïncider avec la représentation de cet opéra, toujours annoncé. Cornélius et Tausig, aidés de quelques copistes, se mirent donc à cette besogne qui ne pouvait être exécutée que par de véritables musiciens sachant lire les partitions. Weisheimer, venu exprès à Vienne pour assister au concert, se joignit à eux. Tausig m’annonça que Brahms, « un bien brave garçon », disait-il, désirait aussi prendre part au travail, malgré la célébrité dont il jouissait déjà. Son lot fut un fragment des Maîtres Chanteurs. Brahms fit en effet preuve de modestie et de gentillesse ; seulement il manquait de vie et souvent il passait inaperçu dans nos réunions.
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