‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 323 sur 376 · PREMIER CONCERT A VIENNE (26 DÉCEMBRE 1S · texte numérisé non relu

PREMIER CONCERT A VIENNE (26 DÉCEMBRE 1S

Pour les Trois filles du Rhin , je dus me contenter de dilettantes. Le violoniste Hellmesberger me fut très utile, car son jeu enthousiaste entraînait en toute occasion les musiciens. Après les premières répétitions, assourdissantes et dont le vacarme dans une des petites salles de l’Opéra rendit Cornélius absolument perplexe, nous pûmes monter sur la scène même du théâtre « An der Wien ». Non seulement la location de ce théâtre était fort élevée, mais je dus encore faire les frais d’une installation pour l’orchestre. La salle avec ses coulisses avait une mauvaise acoustique ; cependant je ne crus pas avoir les moyens d’y faire construire une paroi de résonance et un plafond.

Bien que très fréquenté, le premier concert du 26 décembre ne me procura que des frais énormes et le chagrin de constater que, par le manque d’acoustique, l’orchestre n’avait point produit d’effet. Aussi malgré les mauvaises perspectives que m’offraient les deux concerts suivants, je résolus d’établir cette dispendieuse paroi de résonance. Je me flattais aussi que des démarches entreprises d’autre part éveilleraient pour ma musique la sympathie des cercles élevés de Vienne. Mon ami le prince de Lichtenstein pensait que ce ne serait pas impossible : il croyait que par l’entremise de la comtesse Zamoïska, dame de palais à la cour, on pourrait arriver jusqu’à l’Empereur. Passant par les innombrables corridors du château impérial, il me conduisit un jour chez cette dame. Plus tard, je me suis bien aperçu que là aussi Mme Kalergis avait préparé les voies. Mais on ne réussit à intéresser que la jeune impératrice : elle seule assista à l’audition.

Page 1