‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 327 sur 376 · NOUVEL ESPOIR POUR « TRISTAN · texte numérisé non relu

NOUVEL ESPOIR POUR « TRISTAN

de mathématiques Lieblein et de l'écrivain Musiol. J’eus aussi une véritable émotion à revoir la cantatrice Marie Lcewe, que je connaissais de ma première enfance ; elle était devenue harpiste et faisait partie de l’orchestre qui jouait dans mes concerts. Dès la première de Tannhâuser donnée à Prague, elle m’avait écrit pour m’exprimer son enthousiasme, qui ne fit qu’augmenter dans la suite. Marie Lcewe demeura pendant de longues années attentive à toutes mes créations.

Plein de satisfaction et repris d’espoir, je retournai rapidement à Vienne pour conclure définitivement, si possible, l’affaire de Tristan. Une répétition au piano des deux premiers actes me transporta d’admiration, car le ténor était tout à fait supportable et Mme Dustman exécuta si parfaitement sa partie difficile que je ne pus m’empêcher de lui exprimer toute mon approbation. Il fut donc résolu que mon oeuvre sèrait représentée après Pâques, ce qui concordait fort bien avec mon retour de Russie.

L’espoir des recettes considérables que je ferais à Pétersbourg, me décida à reprendre mon plan de me fixer complètement dans le paisible Biberich. Comme il me restait assez de temps jusqu’à mon départ pour la Russie, je regagnai les bords du Rhin afin d’y mettre tout en ordre. Je descendis dans mon logis; puis, accompagné de Mathilde Maier et de son amie Louise Wagner, je parcourus tout le Rhingau, en quête de la demeure désirée. N’ayant rien trouvé à mon gré, j’entrai en pourparlers avec l’architecte Frickhoefer pour la construction d’une maisonnette sur un terrain à acquérir près de sa

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