‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 339 sur 376 · JE M’INSTALLE A PENZING (MAI · texte numérisé non relu

JE M’INSTALLE A PENZING (MAI

Mais avant toutes choses, il me fallait rentrer à Vienne. Je venais, il est vrai, de recevoir la nouvelle que la représentation de Tannhâuser était renvoyée encore une fois, en suite de la fatigue de Mme Dustmann. Mais, désirant surveiller de près cette affaire si sérieuse, et ne me trouvant avec aucune ville d'Allemagne en rapports artistiques aussi importants qu'avec Vienne, il me sembla que, pour le moment, je devais me fixer d'une manière stable dans cette ville. Ce fut aussi l'avis de Tausig, alors dans la fleur de son talent. Il me décida tout à fait en se faisant fort de dénicher, aux environs de la capitale autrichienne, la demeure agréable et tranquille qu'il me fallait. Avec l'aide de son propriétaire, il réussit à souhait.

Dans la très riante maison d'un vieux baron de Rackowitz, à Penzing, on mit à ma disposition tout l'étage supérieur et un beau jardin ombragé dont j'avais la jouissance exclusive, moyennant un loyer annuel de douze cents florins. Je pris immédiatement à mon service le très brave homme de concierge nommé Franz Mrasek, ainsi* que sa femme Anna, personne intelligente et d'aimable caractère. Ils devaient partager durant de longues annnées ma destinée changeante. Mais pour installer cet asile si longtemps souhaité, de façon que je pusse y trouver du plaisir au travail, il me fallut de nouveau dépenser de l'argent. Je fis venir de Biberich le reste de mon mobilier ainsi que mon piano d’Érard. Le 12 mai 1863, par un beau temps printanier, j'entrai dans cet agréable logis.

Pour commencer, l'agitation où me jetait le souci d'arranger confortablement mes chambres me fit perdre beau-

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