VISITE A MATHILDE MAI ER
les bénéfices de mes concerts n’avaient été que de cent florins, on me la laissa pour ce prix. Le grand-duc me fit un cadeau personnel : une tabatière en or renfermant quinze louis. Je dus le remercier par écrit, et en même temps je me demandais si, après les grandes fatigues des dernières semaines, j’aurais la force de diriger un concert à Dresde et d’augmenter ainsi le nombre de mes déceptions.
Bien des choses (presque tout ce qui se rapportait à ce voyage de Dresde) me décidèrent, au dernier moment à prendre mon courage à deux mains et à prier Hans de Bronsart, qui s’était amicalement mis à mon service, de tout décommander et de ne pas compter sur moi. Malgré les ennuis que lui valut ma résolution, il m’obéit de bonne grâce.
Pour essayer de m’entendre encore avec Schott à Mayence, je partis pour cette ville, voyageant de nuit, et arrivai chez Mathilde Maier qui me força d’accepter pour un jour sa cordiale hospitalité. Je fus soigné et gâté on ne peut mieux dans le simple logis de la rue des Chartreux et c’est de là que je risquai une nouvelle attaque de la firme Schott. Mais je ne rapportai pas grand butin de mon expédition, car je refusai mon consentement à la publication des fragments tirés de mes nouvelles œuvres et que j’avais réservés pour mes concerts.
Seule, l’audition de Lôwenberg me donnait l’espoir de gagner quelque argent. Je me dirigeai donc de ce côté en faisant le petit détour de Berlin où j’arrivai le 28 novembre, très fatigué par une nuit de chemin de fer.