‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 359 sur 376 · FÊTE DE NOËL A PENZING (1S · texte numérisé non relu

FÊTE DE NOËL A PENZING (1S

conserver mon indépendance un certain temps. Cependant, pour mettre cet argent à ma disposition, elle avait à vaincre d’assez grands obstacles. En attendant, je devais me tirer d’affaire tant bien que mal.

Tout consolé par les conclusions de cette entrevue, je rentrai à Vienne le 9 décembre 1863. Une grosse partie du présent que m’avait fait le prince de Hohenzollem- Hechingen avait servi à payer la pension de Minna et des dettes nouvellement contractées. C’est donc la bourse peu garnie, mais le cœur plein d’espoir, que je saluai mes quelques amis. Dès lors, Peter Cornélius arriva chez moi régulièrement chaque soir et nos réunions devinrent une douce habitude ; Henri Porges ainsi que Gustave Schônaich se joignaient à nous de temps en temps. La veille de Noël, je les invitai tous et, devant l’arbre illuminé, j’offris à chacun un petit présent symbolique. J’eus un peu d’occupation grâce à Tausig, qui ?me pria de participer à un concert qu’il donnait dans la grande salle des Redoutes. Outre quelques fragments de mes nouveaux opéras, j’eus la satisfaction de pouvoir diriger tout à fait à mon idée l’ouverture du Freischütz. L’effet en fut surprenant, même sur les membres de l’orchestre.

Et pourtant, en haut lieu, nul ne semblait prendre note de mes productions ; on continuait à m’ignorer. Les lettres de Mme de Bissing me découvraient peu à peu les difficultés qu’elle rencontrait dans l’accomplissement de sa promesse. Néanmoins, elles demeuraient pleines d’espoir, de sorte que je passai de fort bonne humeur la soirée de la Saint-Sylvestre chez les Standhartner. Cornélius m’y causa un très grand plaisir en m’adressant

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