‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 45 sur 376 · DIFFÉRENTES COMMANDES DE « TANN HAUSER » C · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES COMMANDES DE « TANN HAUSER » C

le seul pour ainsi dire que j’eusse jamais fait exclusivement pour ma santé, dans une disposition de singulier mécontentement ; la nostalgie me restait d’un je ne sais quoi de lointain qui donnerait à ma vie une autre direction.

De retour chez moi, je trouvai vraiment les signes précurseurs d’un changement de ma destinée. C’étaient les demandes et les commandes de différents théâtres allemands désireux de jouer Tannhâuser. La première fut celle du Théâtre de la cour, à Schwerin. La sœur cadette de Rœckel avait épousé l’acteur Moritz, que je connaissais de ma prime jeunesse. D’Angleterre, où elle avait été élevée, elle était revenue comme cantatrice en Allemagne. Or, la représentation de Tannhâuser , à Weimar, lui avait produit une telle impression qu’elle en avait parlé avec enthousiasme à plusieurs membres du théâtre de Schwerin, particulièrement au caissier Stock. Celui-ci, après avoir étudié personnellement l’opéra, avait recommandé chaudement à la direction de le faire représenter.

Les théâtres de Breslau, de Prague et de Wiesbaden suivirent bientôt cet exemple. A Wiesbaden, le maître de chapelle était mon ami d’enfance Louis Schindelmeisser. D’autres scènes s’annoncèrent à leur tour ; mais, ce qui m’étonna le plus, ce fut la demande du Théâtre de la cour de Berlin, par l’entremise de son nouvel intendant, M. de Hülsen. J’avais bien des raisons de supposer que, dans ce dernier cas, l’impulsion était venue de la princesse de Prusse, influencée par ma fidèle amieFrommann et par le succès des représentations de Weimar.

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