‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 47 sur 376 · LE POÈME DES « NIEBELUNGEN »> ACHEVÉ · texte numérisé non relu

LE POÈME DES « NIEBELUNGEN »> ACHEVÉ

nécessaire pour laisser les choses suivre leur cours en ce qui concernait les représentations de Tamihauser et de mes autres opéras. Je ne me mêlai donc de rien, et quoique je fusse grandement étonné de n’entendre parler que de succès, mon jugement sur le théâtre en général et sur l’opéra en particulier resta ce qu’il était. Je demeurai inébranlable dans mon dessein de construire mes drames des Niebelungen comme si le théâtre d’alors n’existait pas et comme si le théâtre idéal de mes rêves devait nécessairement être créé un jour.

En octobre de cette même année, je mis la dernière main au poème de Y Or du Rhin, et clôturai ainsi le cycle des Niebelungen, tel que je l’avais esquissé en le commençant par la fin. En même temps, je remaniai le Jeune Siegfried et surtout la Mort de Siegfried, de façon à ce qu’ils eussent des proportions convenant à l’ensemble. Ce dernier drame acquit donc les développements nécessités par l’importance qu’il a dans la Tétralogie. De plus, je lui donnai un titre qui répondait mieux à sa signification et le nommai le Crépuscule des dieux. D’autre part, le drame du Jeune Siegfried n’ayant plus pour sujet qu’un unique épisode de la vie du héros, ce qui assignait à celui-ci sa place exacte aux côtés des personnages principaux du cycle, je pus appeler ce drame simplement Siegfried.

Il m’était fort pénible de ne plus pouvoir, sans doute de longtemps, donner connaissance de ce grand travail poétique à ceux qui, me semblait-il, y avaient porté de l’intérêt. Comme les théâtres me causaient de temps en temps ] a surprise de m’envoyer des tantièmes inattendus

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