‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 73 sur 376 · ALCIBIADE », COMÉDIE PAR RITTER · texte numérisé non relu

ALCIBIADE », COMÉDIE PAR RITTER

treux, dans l’espoir d’y apprendre de mes nouvelles. Je ne fis aucune allusion à leur conduite de mal élevés et Cari m’ayant prié affectueusement de rester encore un peu chez lux, j’y consentis, surtout parce que j’étais curieux de connaître un travail poétique qu’il venait d’achever. C’était une comédie intitulée Alcibiade, conçue et exécutée avec une finesse et une liberté d’allures remarquables.

A Albisbrunn déjà. Cari m’avait parlé de cette pièce ; à cette occasion, il m’avait montré un élégant poignard sur la lame duquel étaient gravées les syllabes « Alci » et il m’avait expliqué qu’à Stuttgart un de ses amis, le jeune acteur dont j’ai parlé naguère, possédait le pendant de ce poignard, où se lisaient les syllabes « Biade ». Il me parut alors que, sans l’aide de poignards symboliques. Cari avait trouvé en ce jeune imbécile de Homstein le complément nécessaire à ses goûts alcibiadesques et sans doute qu’à Sion ils avaient cru jouer une scène « antique » à un nouveau « Socrate ». La comédie de Cari me prouva heureusement que son talent artistique était supérieur à ses prédispositions physiques. Aujourd’hui encore, je regrette que les difficultés, très grandes il est vrai, que présentait la mise en scène de cette pièce n’aient pas été résolues. Pendant ces quelques jours Homstein se conduisit aussi avec convenance et modestie. Lorsqu’il partit pour Lausanne, je l’accompagnai à pied un bout de chemin , avec son havresac sur le dos, il avait un air comique et presque touchant.

Passant par Berne et Lucerne, j'arrivai par le plus court à Seelisberg, sur le lac des Quatre-Cantons, où

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