PREMIER ACTE DE LA « WALKYRI E » (AOÛT 1S
ma femme faisait une cure de petit-lait en m attendant. Les symptômes de la maladie de cœur que j avais remarqués chez elle s’étaient aggravés et on lui avait conseillé ce séjour pour sa santé. Pendant quelques semaines, je supportai patiemment les ennuis de la vie de pension ; mais, malheureusement, je troublais la quiétude de ma femme. Elle avait pris des habitudes qui lui plaisaient beaucoup et je les dérangeais par ma présence. Néanmoins le bon air et ma promenade journalière dans les sentiers de la montagne me firent du bien à moi aussi. En pensée, je choisissais même 1 emplacement retiré où je me ferais un jour bâtir le chalet qui abriterait ma tranquille vie de tr vail. A la fin de juillet, nous revînmes ensemble à Zurich et je me remis aussitôt à la composition de la W al kyrie. Pendant ce mois d’août, j’en notai tout le premier acte.
A cette époque, j’étais fort tourmenté par les ennuis pécuniaires dont j’ai parlé et fort désireux aussi d’avoir le calme autour de moi; j’accédai donc volontiers au désir de ma femme qui me demandait la permission d’aller voir ses parents et connaissances de Dresde et de Zwickau. Elle me quitta au commencement de septembre. Peu après, elle m’écrivait de Weimar que la princesse de Wittgenstein l'avait reçue amicalement à son château d’Altenbourg. Elle avait aussi revu la femme de Roeckel pour laquelle le frère de celui-ci se dévouait tout à fait. Minna n’obéit qu’à un mouvement de son caractère singulièrement énergique en se décidant à aller voir Roeckel à la prison de Waldheim, afin de pouvoir dire a sa femme dans quel état elle l’avait trouvé. Elle réussit en effet