‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 96 sur 376 · THÉÂTRES DE LONDRES · texte numérisé non relu

THÉÂTRES DE LONDRES

tions m'intéressa spécialement, car la pièce était formée de l'assemblage des contes les plus connus, mais si bien combinés qu'on n'y remarquait ni transition ni arrêt. Cela commençait par Y Oie d’or, se changeait en les Trots souhaits , passait de là au Chaperon Rouge, où le loup devenu un ogre chantait un couplet fort comique, puis se terminait par Cendrillon avec l'addition d'autres ingrédients. Ces représentations fort dramatiques, avec de beaux décors et de bons acteurs, me donnèrent une excellente idée de la façon dont on peut distraire le peuple par l'imagination.

Il y avait moins de naïveté dans les pièces de 1' « Olympic-Theatre » où, en dehors de comédies dans le genre français, très bien jouées dans leurs piquantes conversations, on donnait des féeries telles que le Yellow dwarf. Un acteur favori du public, M. Robson, y remplissait le rôle du singe. Je vis ce même acteur dans une petite comédie, la Fièvre de Garrick. Il y faisait le personnage d'un ivrogne que l'on prend pour Garrick et qui, dans cet état, est contraint de jouer Hamlet. Les hardiesses de sa mimique m'inspirèrent la plus grande admiration.

Un petit théâtre éloigné du centre, à Marylebone, cherchait à cette époque à attirer le public par des pièces de Shakespeare et j'assistai là à une représentation des « Merry Wives » qui m'étonna positivement par sa correction et sa précision. Roméo et Juliette, au « Haymarket- Theatre » me procura une impression favorable aussi, malgré la médiocrité de la troupe.

J'y constatai une fidélité dans la mise en scène qui provenait sans doute encore de la tradition de Garrick.

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