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CHAPITRE XXIII

J'étais si faible en arrivant à Nice qu'il fallut mo decendre du train. C'était le premier soir du Carnaval, et, sur le chemin de l'hôtel, ma voiture ouverte fut assaillie par une bande de pierrots dont les grimaces me faisaient l'effet de la Danse Macabre avant la mort dernière.

Dans un hôtel voisin du mien, Eléanora Duse était malade, elle aussi. Elle m'envoyait d'innombrables et tendres messages. Elle m 'adressa aussi son médecin, le docteur Emilo Bosson, qui non seulement me soigna avec un grand dévouement mais devint, à partir de ce moment, l'un de mes meilleurs amis. Ma convalescence fut longue ; j'étais prise dans un réseau de douleurs.

Ma mère vint me rejoindre, ainsi que ma fidèle amie, Marie Kist, avec ma fillette. Deirdre était jolie et forte ; elle embellissait tous les jours davantage. Nous allâmes nous installer au Mont Boron d'où nous voyions la mer d'un côté et de l'autre le sommet de la montagne où Zarathustra avait médité en compagnie de son serpent et de son aigle. Sur notre terrasse ensoleillée je revins peu à peu à la vie. Mais c'était une vie plus lourde que jamais de difficultés financières, et, pour

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