RENCONTRE ET PRISE D’UN TRÉSOR A L’ENNEMI
Klagenfurt, le 20 mai 1809.
Me voici arrivé, mon ami, dans une ville remarquable, où j'ai déjà demeuré dès le commencement de l’année 1806, et où je me retrouve encore, ayant toute une histoire à te raconter. Aujourd'hui 20 mai, montant la grand’garde aux avant-postes, je me trouvai détaché avec 60 hommes de notre premier escadron commandés par Île lieutenant Chenavard, nous étions les premières troupes françaises qui devions arriver à Klagenfurt. Tout en avançant vers cette ville, nous trouvâmes sur notre chemin un grand magasin d'avoine que les Autrichiens avaient abandonné, ce qui fut une grande ressource pour notre grand’garde, comme pour notre régiment qui nous suivait; car il y avait près d’un mois que nos chevaux n'avaient pas mangé d'avoine; après les avoir laissés se régaler à discrétion pendant une demi-heure, notre avant-garde poursuivit sa marche. En arrivant à une lieue de distance de la ville, nous rencontrâmes plusieurs militaires français que nous reconnümes pour des soldats du 6° régiment de hussards et du 35° régiment d'infanterie, qui étaient prisonniers de guerre, depuis l’affaire de Pordenone en Italie. Ces pauvres diables nous témoignèrent une grande joie de revoir des compagnons d'armes; ils avaient trouvé moyen d'échapper à la surveillance des ennemis; ils revenaient pour rejoindre leurs régiments ; ils nous déclarèrent entre autres nouvelles favorables, que Vienne était prise par la Grande Armée, et que les Autrichiens se retiraient en grande hâte de Klagenfurt, que leurs derniers hussards devaient avoir évacué la ville à 10 heures (il était alors 9 heures). Aussitôt notre
utenant, ne voulant pas perdre de temps, nous fit avan-