HUSSARDS
Au grand village d’Aszar, le 11 juin 1809.
Depuis deux jours, mon cher père, voilà encore de l’ouvrage de fait! Comme :if paraît que nous allons prendre quelque repos dans le grand village que nous occupons maintenant, je vais employer mes moments de loisir à vous rapporter à peu près ce qui s'est passé le 9 et le 10 juin, et comment je me suis tiré d'affaire. Pour reprendre la suite de mon journal, je vous dirai que, le 9 juin, notre régiment monta à cheval de bon matin; nous quittämes Norap et nous marchâmes, toute la division, sur Mezelak, puis nous nous dirigeâmes sur Lorled, où nous arrivâmes dans une grande plaine.
Comme nous nous attendions à voir l’ennemi de près, je témoignai à mon capitaire le désir que j'avais de me servir de mon cheval hongrois pendant cette journée pour aller en tirailleur devant l'ennemi. Mon capitaine Périolat qui m'aime et qui m'appelle son ami, ne me refusa pas. ’allai donc trouver son domestique qui suivait les bagages