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L'AIDE DE CAMP

la veille; et cette journée fut peut-être plus meurtrière. encore.

Au résultat, l’armée française remporta la victoire la

plus complète et l’armée autrichienne fut encore battue et confondue.

JE REPASSE LE DANUBE. — L'AIDE DE CAMP. — J’ARRIVE A VIENNE. — MA SITUATION A L’HOPITAL.

De Vienne, le 414 août 1809.

Mon ami, le 6 juillet, vers les 8 heures du matin, je repassai le bras de la rive gauche du Danube, et f'arrivai dans l’île Napoléon parmi une foule de militaires allant et venant. Alors je me trouvai tellement fatigué et si faible, que je ne pus aller plus loin; il me fallut nécessairement mettre pied à terre.

Comme je me trouvais dans ce moment dans un bivouac d'ouvriers sapeurs et de marins de la Garde Impériale, plusieurs de ces braves gens eurent pitié de moi en me procurant un peu de bouillon et un verre de vin. Puis je priai les deux chasseurs qui m’accompagnaient de me laisser reposer seulement une heure et de ne pas m’abandonner. Alors ils étendirent mon manteau à terre, je me couchai là et je m'endormis d’un profond sommeil. Lorsque les chasseurs me réveillèrent, je me trouvai bien soulagé et beaucoup plus capable de continuer mon chemin ; je remontai : à cheval et je quittai l'ile.

Comme j'allais passer sur le pont établi sur le bras qui communique à la rive droite du Danube, un officier supérieur (c'était un aide de camp) venant à me rencontrer avec mes deux chasseurs, nous arrêta en disant : « Pourquoi ces deux chasseurs-là ne sont-ils pas à leur rang? Retournez-y de suite et suivez-moi! Cet homme s’en ira bien seul. » Ces mots furent prononcés d’un ton si impératif, que mes deux chasseurs ne surent quoi répondre; ils allaient m'abandonner, lorsque je pris la parole avec une présence d'esprit bien nécessaire dans ce moment et je m'expliquai avec l'officier.

Alors l’aide de camp prit un ton plus radouci et me de-

manda de quel régiment j'étais ; je lui répondis: « Mon commandant, vous pourrez vous adresser à la compagnie d'élite du 8e régiment de chasseurs à cheval, et vous apprendrez qui je suis. » L'aide de camp, voyant ma résolution, ine dit: « Allez, mon ami, vous trouverez des hôpitaux à Vienne et renverrez de suite ces deux chasseurs à leur poste. » Et il partit.

J'avais # à 5 lieues de chemin à faire pour arriver à Vienne. Je rencontrai sur la route beaucoup de militaires blessés qui allaient aussi à l'hôpital: plusieurs me paraissaient encore plus malheureux que moi, et je me plaisais à leur faire donner quelques rafraîchissements que je payais aux cantiniers et vivandiers que l’on rencontrait sur la route.

Enfin j’arrivai à Vienne par le faubourg de Hongrie. La première chose que je remarquai, c’élait une espèce de bouleversement dans ce faubourg qui borde le Danube ; on voyait des détachements de cavalerie qui s’exerçcaient à charger et à disperser à coups de sabre les rassemblements du peuple qui étaient dans le cas de nuire au bon ordre que l’on tâchait de maintenir dans la capitale. On voyait les habitants en foule sur les remparts, sur les hauteurs et sur Îles maisons, d'où ils observaient aisément les manœuvres qui avaient lieu dans la plaine de l’autre côté du Danube. |

Mon premier soin fut de m’adresser dans les premiers hôpitaux militaires que je trouvai, mais il n’y avait déjà plus de place. Néanmoins l’on m'en indiqua un bon où je devais trouver à me placer; mais il fallait encore marcher une heure avant d'y arriver. Tout en continuant mon chemin, je suivais de longues avenues qu’on appelle les boulevards ; alors plusieurs bourgeois, qui se trouvaient réunis près des cafés ou guinguettes, vinrent successivement audevant de moi en me présentant des rafratchissements tels que des verres de bière, eau sucrée, vin, eau-de-vie, du pain, je ne refusai rien, pour en faire part à mes deux chasseurs.

C’est dans une de ces circonstances où je me trouvais entouré de plusieurs de ces bourgeois, lesquels, me voyant monté sur un cheval qui avait: l’uniforme autrichien et m'entendant parler allemand, pensaient d’abord que j'étais

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