FAC-SIMILE RÉDUIT D’UNE PAGE DU MANUSCRIT DE J. CHEVILLET
d’un bon père en me disant : « C’est bien, mon enfant, j'approuve ta demande, tu seras récompensé de tes services de manière que tu sois content ; je t’accorde une dotation de 500 francs de rentes, sur les domaines de la couronne ; tu en recevras le brevet pour en jouir loi et tes descendants à perpétuité. Ainsi avec ta solde de retraite, tu pourras vivre honorablement dans tes foyers. La décoration que tu réclames ne te serait pas aussi avantageuse, puisqu'elle ne te rapporterait que 250 francs. Elle te conviendrait si tu restais en activité, je ne puis te donner l’une et l’autre, vu que j'ai beaucoup de braves comme toi à récompenser. »
Ces paroles de l'Empereur me persuadèrent suffisamment. Je lui répondis : « Sire, je suis content, vos bienfaits surpassent mon espérance, que votre volonté soit faite ! et je me souviendrai toujours de vos bontés. »
Alors le prince Berthier me fit plusieurs questions relatives à l’hôpital ; je lui répondis naïvement suivant ce qui était à ma connaissance. « Allez, mon ami, me dit-il enfin, rétablissez- vous bientôt, la Patrie n’oubliera pas ses braves défenseurs. » Puis j’entendis le prince Eugène qui parlait bien en faveur du 8e régiment de chasseurs; il disait à l'Empereur que ce régiment avait rendu de grands services, elc…
Enfin je demeurai peut-être dix minutes sur les degrés du belvédère; là, j'aimai à considérer à mon aise notre brave Empereur, le plus célèbre capitaine de l'univers, ainsi que les personnages distingués qui étaient avec lui. Tandis qu'ils parlaient entre eux, je remarquai aussi la beauté de ce donjon de verres, je n’avais jamais rien vu de plus beau et de plus magnifique en ce genre. C'était une espèce de salon carré élevé sur des degrés de marbre blanc. Les quatre portes et les quatre angles étaient figurés par un double rang de colonnes en marbre de diverses nuances. Tout le reste était en bois peint et doré. Tout était à jour et l’on voyait du dehors tous les ornements du dedans. De là, la vue portait dans une grande étendue sur Vienne et les environs.
Alors, comme j'étais content de moi et tout glorieux de la démarche que je venais de faire, et comme je n'avais plus rien à dire après les intentions de l'Empereur, je me