SUITE DE MON VOYAGE DEPUIS PASSAU
Augsbourg, le 18 novembre 1809.
Mon ami, je suis en route, heureux comme le poisson sur la paille. Après avoir demeuré 56 jours à l’hôpital à Passau, j'en suis parti, le 3 de ce mois, en assez bonne santé, après avoir passé la revue du général Bourcier qui commande les dépôts de cette place. Ce général m’a fait donner une bonne capote de drap vert qui est toute ma richesse, car elle m'est très utile à la saison où nous sommes. Enfin je partis de Passau avec un convoi de 26 blessés dirigés sur Strasbourg, passant par Pleinteing, Sterhof et Straubling qui est une belle petite ville située sur le Danube ; de là, au lieu de suivre la route qui conduit à Ratisbonne, notre convoi prit des chemins de traverse par Schiering; nous passâmes dans les environs d’Eckmulh, de Tanne, puis à Abensberg ; de là, au lieu de suivre la route de Neubourg, il y eut encore contre-ordre, notre convoi suivit la route de Rottembourg et nous arrivâämes à Landshut qui est une ville assez considérable, où l’on remarque l’église qui est surmontée d’un clocher, le plus haut qui existe dans toute l'Allemagne. Je remarquais, en passant, tous les endroits et les positions où s'étaient données ces fameuses batailles qui furent toutes à la gloire des armées françaises ; la plupart de ces endroits, durant environ 400 lieues de chemin, se trouvaient encore brülés et ravagés par les événements de la dernière guerre; quelques-uns commencçaient à se rétablir.
De Landshut, notre petit convoi marcha par Mosburg, Staffenhoffen, Aika et nous arrivâmes à Augsbourg, où nous sommes depuis quatre jours à nous reposer en attendant des voitures. Là, j'ai le temps de me promener et d'aller visiter les édifices et les curiosités de cette grande ville.