‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 3 sur 190 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

tout cela bien des révélations et bien des aperçus, mais épars en d'innombrables récits de campagnes. Chez Chevillet, tous ces détails forment un ensemble. On pénètre dans l’existence journalière des soldats; ils sont peints au naturel jusques en leurs « espiègleries », selon l'expression du narrateur. C’est la raison pourquoi les Souvenirs de Chevillet sont un document vraiment nouveau et auront une place spéciale parmi les Mémoires militaires. |

Je laisse la parole au brave trompette du 8° régiment de chasseurs. Je ne veux point par un sec résumé déflorer son récit. Il me semble qu'il y a mieux à faire.

A Wagram, Chevillet eut un bras brisé par un éclat d'obus. II dut quitter l'armée. Il a laissé quelques pages sur sa vie à dater de sa rentrée dans ses foyers. Ce sont ces pages qui faute de place n'ont pu être imprimées dans ce volume, déjà très compact, que Je crois intéressant — et utile — de faire connaître.

En 1810, Chevillet se trouvait donc à vingtquatre ans amputé du bras droit. Il aurait pu entrer aux Invalides, mais, si jeune, 1l rèvait une existence moins monotone et plus libre que celle qui l’attendait à l'hôtel ou, pis encore, dans les succursales de Louvain ou d'Avignon. « À cette époque, dit-il, on considérait et on favorisait beaucoup les militaires qui s'étaient sacrifiés au service de la patrie. Comme j'étais de ce nombre, je sollicitai un emploi. » Presque aussitôt sa demande faite, Chevillet fut nommé garde champêtre de Saint-Ouen,

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