‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 4 sur 190 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

puis, peu après, brigadier des gardes champêtres du canton de Pontoise.

Avec sa petite solde de retraite, la dotation de 500 francs que l'Empereur lui avait donnée comme blessé de Wagram. et ses appointements, Chevillet avait plus de 1200 francs par an. Il remplissait ses fonctions avec plaisir el partant avec zèle, « méritant dans l'étendue de ses attributions, l'estime de l’admunistration, des cultivateurs, de ses collègues, et de tous les honnêtes gens ». Comme il avait appris à écrire de la main gauche, il avait aussi appris à tirer le fusilavec cette unique main, et «il se distinguait dans les parties de chasse ». Enfin, cet ex-trompeite du 8° chasseurs avait conservé, devenu garde champêtre, les goûts et Les façons d'un cavalier léger; et, pas plus qu'en Italie et en Moravie, les bonnes fortunes ne lui manquèrent dans le canton de Pontoise. « Jamais, écrit-il. je n'avais été aussi heureux. »

Mais Les mauvais jours vinrent pour la France, pour l'Empereur et pour lhumble Chevillet.

Quoique manchot, celui-ci ne erut pas devoir continuer à garder pacifiquement les bois et les champs des propriétaires ruraux tandis que Île canon tonnait en Champagne. Dès la fin de janvier 1814, il s’'engagea à Versailles dans une compagnie franche qui fut dirigée sur Orléans et licenciée là, deux mois plus tard, sans même avoir été armée. En route pour venir reprendre à Pontoise son service de garde champêtre, Chevillet fil. dans la forêt de Cercottes, l'heureuse rencontre d'un Cosaque qu'il allégea d'une ceinture pleine d'écus.

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