‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 30 sur 190 · BUTIN · texte numérisé non relu

BUTIN

dessus le pont, en lui disant : « Va te laver, cochon, tu es sale, va piloter avec les marsouins. » Je ne m'attendais pas à une expédition aussi violente pour nous débarrasser de ce chien-là. Aussitôt la malle fut ouverte entre nous trois ; nous y trouvâmes des effets d’habillement, du linge, quatre pièces de nankin des Indes, six bouteilles de rhum, du sucre, du tabac, du biscuit, et d’autres objets, entre autres une petite botte de cuivre dans laquelle il y avait encore 36 guinées en monnaie d’or et d'argent anglais et améri- Cain. Pendant que nous partagions tout cela en frères, d'autres militaires arrivèrent près de nous et nous nous mimes en train de boire le rhum et de rire ensemble aux dé-- pens de l’Anglais qui ne voulait pas que des Français profitassent de sa malle, de laquelle j’eus pour ma part huit guinées (environ 100 francs), une pièce de nankin, du sucre, et une bouteille de rhum que je portai à mes camarades. |

Le commandant de l'ile nous a fait distribuer hier, aux deux détachements qui étaient présents à la prise et à la garde du vaisseau, une gratification dont j'ai eu pour ma part 14 florins (environ 35 francs).

Je crois que nous n’aurons pas de bon temps avec les Anglais; mais cela m’est égal, je me plais dans le remueménage et j'aime à voir un beau désordre.

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