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AVENTURE DU MAGASIN

pour voir les manœuvres et qui se trouvaient perdues et confondues dans la foule des soldats. Enfin il n’arriva aucun accident fâcheux ; les régiments se rallièrent sur un autre terrain. Ainsi finit cette journée ; chacun rentra dans son logement.

Pour conserver la mémoire de ce camp, le général en chef y fait élever par l’armée une belle pyramide ; je vous en dirai quelque chose plus tard quand elle sera finie.

PrTr ET PITTA. — AVENTURE DU MAGASIN. — EXTRAVAGANCES. — RIBOTTE. — LE CAVEAU. — JE SUIS ENFERMÉ AVEC LES MORTS.

Dorn, le 22 août 1804 (an XI).

Bonjour, mon ami ! Je suis toujours en campagne, ayant toujours de l'agrément et faisant des folies à ma mode.

Voici encore une aventure de ma façon : depuis quatre mois, j'étais avantageusement logé, seul, chez l’épicier de ce village, un vieux brave homme ayant pour toute famille sa nièce avec lui. C'est Mlle Pitta, très aimable blonde de 20 ans.

Avec mon caraclère gai, je me familiarisai bientôt avec le bonhomme Pitt, c'était le nom de mon bourgeois (Boss en hollandais), que j’appelais aussi mon oncle, et avec sa nièce, que j appelais ma cousine ; et moi l’on m'appelle Jacob. Par tout le village, je suis connu sous ce nom.

Je ne fus pas longtemps sans mériter la confiance dans mon logement ; mon boss disait à ses voisins que j'étais un bon garçon. Sachant déjà parler hollandais, je passais des soirées agréables et je ne manquais de rien. Pitta, en maitresse de maison, était prévenante. Un jour, au cours d’une promenade dans le jardin, je lui fis malicieusement le pari d'aller frapper à la porte de sa chambre à minuit. Tu comprends, mon ami, combien je la fis rire.

Je couchais dans un cabinet, en bas, à côté de la boutique; ma cousine avait sa chambre au-dessus, à côté de celle de son oncle. |l fallait, pour s'y rendre, traverser une grande pièce servant de magasin et garnie de toutes sortes de

marchandises. Vers minuit, je me levai donc, jetant mon manteau sur mes épaules et restant pieds nus afin de ne pas réveiller mon boss. Je montai l'escalier et me trouvai dans le magasin; mais l’obscurité était profonde. Je pris une fausse direction et m’embarrassai dans toutes sortes de marchandises, paniers, tas de papiers, bouteilles, faïences et poteries. Avec mon manteau, je faisais tout tomber à tour de rôle ; j'étais abasourdi et ne savais plus que faire. Le chien, qui était en bas dans la boutique, se mit à aboyer comme un possédé. Je perdis la carte et voulus redescendre, mais le pan de mon manteau renversa un Las de pelles en bois qui firent un tapage terrible.

Entendant ce bruit, le papa Pitt se leva, traversa le magasin sans me voir et se précipita dans l'escalier afin de descendre battre son briquet. J’allais donc me trouver pris. Sans perdre une minute, j'ouvris la fenêtre et me laissai glisser le long du mur. Je tombai dans le jardin sur une plate-forme garnie de fleurs qui furent saccagées.

Pendant ce temps, mon boss était arrivé au magasin, mais l'oiseau était envolé. Il s’adressa à sa nièce qui tâcha de lui faire croire qu’il s'était trompé. Alors il redescendit m'appeler : « Jacob ! Jacob !... ». Mais étant rentré bien vite me coucher, après avoir cassé un carreau, je faisais le dormeur.

Tout cela ne lui sembla pas clair ; et tu dois penser, mon ami, si le lendemain Pitt était furieux après moi! car il S’était douté du coup, en disant que je m’entendais avec sa nièce.

Ce jour-là, je sortis, car j'avais besoin de dissipation. Je ne voulais pas rentrer de silôt à mon logement afin de me distraire de cette aventure. Pour cela faire, j'emmenai avec moi un chasseur de mes bons amis, nommé Tiskome, et nous allâmes nous promener dans le camp où je trouvai bientôt mon aini Gillet, de Franconville. avec d’autres camarades ; ensuite nous nous réunimes dans une cantine où nous nous divertimes comme des amis pendant la demijournée, si bien que quand nous sertimes, nous étions passablement en ribotte, moi le premier. Après nous être séparés gaiment, je remontai à cheval et revins à Dorn grand train pour diner chez mon boss qui me reçut très froide-

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