‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 6 sur 190 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

entendre raison aux officiers prussiens, résistait aux pillards isolés, mettant au clair, s'il le fallait, son sabre de garde champêtre. Il protégea des maisons et des fermes ; un jour, il s'employa si bien en faveur du sous-préfet de Pontoise Garnier, menacé de déportation en Silésie, qu'il réussit à le sauver.

Au commencement de 1816, l’administration royale reconnut les services de Chevillet ne le révoquant. « C'était un malheur, dit-il philosophiquement, d'avoir servi l'Empereur ! » Le voici destitué, privé de sa dotation, réduit à sa petite solde de retraite. Il adressa une demande au ministre de la Guerre afin d'entrer aux Invalides. On lui répondit qu'il fallait un certificat de bonne conduite et de dévouement au roi. Le nouveau sous-préfet et le nouvau maire de Pontoise lui refusèrent ces certificats. Chevillet trouva un emploi de porteur de contraintes. Mais dans ces régions, ruinées par les extorsions et les ravages des Alliés, il y avait tant de contraintes à faire tenir aux contribuables, qu'en moins de six mois, Chevillet, qui avait cependant fait de rudes campagnes, fut complètement fourbu. Un refroidissement l'acheva. [ldut s’aliter et renoncer à son petit emploi.

Guéri de sa fluxion de poitrine mais non point de cette maladie, trop souvent incurable, qui s'appelle le manque d'argent, Chevillet trouva à s'employer pour l’été de 1817 comme garde de moissons. C'était une ressource de courte durée. Mais Chevillet n'était ni d’un âge ni d’un caractère à perdre courage. Il se découragea si peu

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