‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 7 sur 190 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

que cette mème année 1l épousa une jeune fille de dix-huit ans, nommée Louise Dumortier. Les parents de celle-ci, cultivateur aisés, ne s'opposèrent pas au mariage, « parce que, nous dit Chevillet, à l’âge qu'elle avait, les filles sont plus à charge qu'à profit ». Du moins, ils s'épargnèrent de la doter, et un oncle qui devait lui donner une dot de 1 500 francs conserva cet argent, disant que le mariage de sa nièce avec un brigand de bonapartiste ne lui convenait point.

Chevillet entra en ménage avec cinquante-sept francs pour tout avoir. C'était plus que les cinq sous de la chanson, mais ce n’était guère tout de même. « Nous trouvâämes le temps un peu dur, écrit Chevillet. Nous avions bien notre tendresse pour nous dédommager, et, ce serait le cas de faire des réflexions sentimentales sur le bonheur que goûtaient deux époux bien unis en vivant de pain sec, d’eau claire et d'amour. »

L'amour dura, mais le pain sec et l’eau claire n'eurent qu'un temps. Chevillet entra comme receveur-adjoint à l'octroi de Pontoise. L'année d’après, l'oncle revint de ses prétentions contre l’ancien soldat de Bonaparte et donna la dot promise. En 1821, enfin, une loi affecta aux dotataires de l'Empire une rente perpétuelle sur le Grand Livre. Chevillet reçut de ce fait une rente de 250 francs en remplacement de la dotation de 500 francs qui avail cessé de lui ètre payée depuis 1814. Avec cette rente, sa solde de retraite, les intérèts de la dot de sa femme et ses appointements à l'octroi, Chevillet eut pour vivre 1 100 ou

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