‹ Ma vie militaire 1800-1810Chapitre 78 sur 190 · ARRIVÉE EN ÎTALIE. — ON ME VOLE MON BUTIN. — MACVAISE SITCATION · texte numérisé non relu

ARRIVÉE EN ÎTALIE. — ON ME VOLE MON BUTIN. — MACVAISE SITCATION

Venzonn, le 16 mars 1806.

Quelle différence, mon ami, de ma situation actuelle à celle où je me suis trouvé en Autriche! Maudit changement de pays, fallait-il le désirer ? Après m'être flatté d'être heureux je me trouve dans la misère : telle est la condition d'un soldat, dix jours de mal pour un de bien.

Je vais te donner le détail de ce qui m'est arrivé depuis notre départ de Klagenfurt jusqu’à ce jour. Après environ un mois de séjour dans cette ville, notre régiment se remit en route par Vilach, jolie petite ville de Carinthie, sur la Drave, ensuite Tarwis, et Ponteba, petit bourg qui fait la limite de l'Autriche avec l'Italie, séparé par un pont sur un torrent, si bien que les habitants d'un côté parlent allemand, el ceux de l’autre parlent italien. Ainsi voilà donc notre régiment établi, depuis le {er mars, sur la frontière de cette fameuse Italie, dans une province qu'on nomme le l'rioul, où nous avons pris des cantonnements provisoires, heureux comme le poisson sur la paille. Chaque compagnie occupe de pauvres villages situés sur ces collines ; nous nous trouvons encore au milieu des rochers et des montagnes qu'on nomme les Alpes Juliennes, dont la ‘cime est toujours couverte de neige, et les vallées florissantes et cultivées. Notre 2e compagnie n'est pas la mieux partagée ; nous sommes logés dans un bourg nommé Venzonn, situé dans une gorge où passent la rivière le Tagliamento et une route de communication d'Italie en Allemagne. Notre situation ne nous offre aucune ressource dans la saison où nous soinmes ; d'abord ce ne sont plus les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le mème langage ; tout diffère absolument de l'Allemagne; personne ne se comprend, je ne m'y connais plus moi-même, sauf

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