I. — LA u:<..o.\ DES ÉVÉNEMEK
des trains, je rentrai à Paris en voiture par la barrière
du Trône et le faubourg Saint-Antoine; les rues étaient pleines de monde, de gardes nationaux, de soldats sans armes et débraillés; les groupes applaudissaient des harangues improvisées. Sur la place delà Bastille, la foule était compacte; des drapeaux rouges claquaient au vent: des clameurs s'élevaient menaçantes, dans la demi-obscurité de la nuit tombante : le spectacle était lugubre.
("était le 15 mars. Trois jours plus tard, le 18, éclatait la révolution que L'histoire appelle « la Commune de Paris ».
Le 1!), tandis que je déjeunais au restaurant Durand, situé au coin de la place de la Madeleine, j'appris du marquis du Lau, attaché, comme officier de la garde mobile, à Tétat-major du général Le Flô, ministre de la Guerre, que, dans la nuit, son chef, accompagné de tous les directeurs de services, était parti pour Versailles, afin d'y rejoindre M. Thierset le reste du gouvernement. Je n'avais plus qu'à m'y rendre pour me présenter au ministère et demander des ordres.
Le temps était superbe ; un printemps précoce versait à Ilots des promesses de vie. ("était un dimanche : les Champs-Elysées étaient couverts de promeneurs indifférents et tranquilles. Du sommet de Montmartre, on entendait gronder le canon qui annonçait la victoire de la Commune : ils Técoutaient, comme autrefois, aux jours de fête, celui des Invalides. Nul d'entre eux, cependant, n'ignorait que, la veille, les généraux Lecomte et Clément Thomas avaient été fusillés dans la rue des Rosiers : tous les journaux le racontaient. La foule se portait vers l'avenu»' de la Grande-Armée pour voir de loin les barricades que, déjà. Les insurgés y bâtissaient. Un cavalier passa au galop, vêtu «l'un uniforme chamarré, avec une ceinture rouge. On le regarda curieusement. Quelques-uns dirent simplement : « C'est un colonel de fédérés; il va aux avant-postes. »
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on d'honneur, qui m traiter de < oapitalard rue de la Paix.
éral Chanzy et son officier d'ordoni) La Tour.
.us que pour mes 80 de la guerre, je
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tous ceux de la Comrn me. J ■ me borne à noter nements qui ont trait au :>écial que je présente au
lecteur.
Aussitôt arrive à Versailles, je m'occupai i 1 1 a -
riser ma situation. Les bureaux du ministère s'étaient installés tant bien que mal dans une maison du b< vard de la Reine, où j'eus quelque peine à les ti Je demandai où était mon régiment : il se reformait a Marseille! On avait besoin sur place d'officiers dit nibles : j'oiïris avec emp: jut de rest ;iles
afin d'être immédiatement employé, et quelques jours plus tard, j'étais attaché au I de Gallifet, qui com-
mandait, à Saint-Germain, la seule brigade de cavalerie qu'on eût sous la main pour protéger, de ce ce; semblée nationale réunie à Versaii.
Trois semaines après, par un prodige d'énergie et