‹ Ma vocation socialeChapitre 15 sur 103 · T. — LA LE< "N DES ÉVÉNEMENTS · texte numérisé non relu

T. — LA LE< "N DES ÉVÉNEMENTS

à notre vie cette rencontre tragique du peuple et de la société, en face de la croix abattue.

Le dimanche 28 mai, vers la lin de la journée, le général de Ladmirault m'envoya à Versailles, pour y rendre compte des événements accomplis. De la gare du Nord, je gagnai la porte du Point-du-Jour, suivi d'un soûl cavalier.

Le boulevard Magenta était couvert de branches d'arbres, fauchées trois jours avantpar la mitraille. Sur la place duChàteau-d'Eau, aujourd'hui place de la République, s'élevaient des barricades où l'un des chefs de la Commune, Delescluze, s'était fait tuer bravement, tandis que d'autres se cachaient ou s'occupaient d'ordonner les incendies et les assassinats. De là, les insurgés avaient criblé d'un feu meutrier la colonne d'infanterie, lancée à l'assaut: le colonel, depuis général de La llayrie, qui la commandait, voyant les soldats hésiter sous cette pluie de balles et raser les maisons, s'était avancé seul, à pied, au milieu de la chaussée, son képi au bout de son sabre, dansant un pas de fantaisie, et ses hommes, riant de sa belle humeur, s'étaient mis à courir à sa suite.

Sur les boulevards la foule des badauds circulait gaiement. On saluait mon uniforme; on criait : « Vive Versailles! » C'étaient les mêmes qui, pendant toute la semaine, cachés derrière leurs persiennes closes, nous avaient laissés combattre sans nous aider d'un geste. Dans la rue de la Paix, les magasins étaient fermés, mais les promeneurs affluaient. On allait voir les grands débris de la colonne Vendôme abattus sur un lit de paille pourrie, puis les ruines énormes, tragiques et encore fumantes du château des Tuileries : dans le pavillon central, qui dressait la moitié de son dôme calciné, l'horloge, vide de son cadran, ouvrait comme un regard épouvanté ; et le long de la rue de Rivoli, là où s'étend

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choquante. Sur Favenue de Paris, il y avait foule : depuis deux jours, les < ■■ nvoil de prisonniers. 1 du combat, arrivaient parla; on profitait du dimanche pour s'en offrir le réjouissant coup d'oeil. Ouand j'y passai moi-même, un de ces lamentables troupeaux a vait sondurvoyage: on regardait détiler les malheureux épuisés de fatigue, souilk-s de poussière, avec uneavide, une sauvage curiosité, parmi les huées outrageantsouslesapplaudissements plus cruels encore. Les femmes se montraient les plus acharné

Il semblait que Dieu voulût accumuK-r -eus mes pas tous les enseignements.

Le lendemain matin, ma mission remplie, je regagnai Paris, où ma femme, établie à Saint-Germain, puis Versailles, depuis les premiers jours de l'insurrection,

s'installa le jour suivant.

Mon frère Robert y habitait une maison. - ivenue

de l'Aima, n 51 aujourd'hui n 33 . Kncore absent, il

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