‹ Ma vocation socialeChapitre 16 sur 103 · I. — LA LEÇON DES ÉVÉNEMENTS · texte numérisé non relu

I. — LA LEÇON DES ÉVÉNEMENTS

nous y donna un asile que nous pensions alors devoir ôtre passager, car nous ignorions quelle serait ma tination militaire.

Le lundi 29 mai, le général de Ladmirault porta son quartier de la gare du Nord à l' Elysée, notre corps d'armée devant occuper la partie do la ville s'étendant de Montmartre aux Champs-Elysées. Il y fit son entrée vers le soir et tandis que, dans la cour, il mettait pied à terre, une balle, partie d'une des fenêtres de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, en face du portail, vint s'aplatir sur le sol au milieu de nous. On se précipita pour fouillerla maison, sans trouver trace du tireur audaeieux : l'insurrection avait des complices partout.

L'Elysée avait été préservé de l'invasion des gens de la Commune par la courageuse et habile vigilance du régisseur du palais, M. de Gourlet, qui nous accueillit avec un joyeux empressement : tout y était encore en t où l'avait laissé le gouvernement impérial. 11 avait servi de résidence aux souverains étrangers venus à Paris, et je crois que son dernier hôte avait été, en 1867, l'empereur d'Autriche. Le maréchal de Mac-Mahon en prit possession après son élection à la présidence de la République, mais n'en usa que pour ses réceptions. J'ignore quelles améliorations le goût des chefs d'Etat qui s'y sont succédé depuis a pu introduire dans son aménagement intérieur. A cette époque, autant les salons et le cabinet de travail étaient beaux, autant les autres pièces étaient peu confortables. Nous y fûmes logés dans de petites chambres entresolées, dont je conserve un fâcheux souvenir.

Notre séjour y fut, d'ailleurs, de courte durée. Dès la

semaine suivante, le général de Ladmirault fut nommé

gouverneur de Paris et alla, en cette qualité, s'installer

au Louvre, dans les anciens appartements du général

ury, grand écuyer de l'empereur.

Ils occupaient les bâtiments qui se trouvent immédiatement après les grandes arcades de la place du Car-

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Aspirations chrétiennes et sociales.

L'état de siège : la répression; les conseils de guerre; les haines sociales ; entretiens instructifs : déposition devant la commission d'enquête <le l'Assemblée nationale. — La vie au Louvre : les membres de L'Assemblée nationale; Lucien Brun. — L&Béunion officiers: un livre du capitaine <le La Tour-du-Pin. — M«rDupanloup; Louis Veuillol : Frédéric Le Play. — La royauté chrétienne ei contre-révolutionnaire. —Formation intellectuelle.

Pour l'Œuvre des cercles catholiques d'ouvriers, cet appartement du Louvre est rempli de souvenirs.

Lorsque le nouveau gouverneur de Paris y entra, les tentures, le mobilier gardaient encore la trace de la luxueuse installation du çrand écuver ; mais les tableaux et les objets d'art, réintégrés au musée, en avaient disparu après la révolution du 4 septembre; et leurs places vides donnaient au logis, en dépit de sa richesse, une apparence dépouillée, un air provisoire, que le général de Ladmirault,avecrextrème simplicité de ses habitudes, ne lui lit jamais perdre complètement.

Le provisoire, au reste, était partout, dans le gouvernement, dans l'Assemblée, dans l'état politique et militaire, et jusque dans les conditions de l'existence. On attendait le salut définitif, et cette attente elle-même en paraissait déjà le joyeux présage.

Ceux (iui n'ont pas traversé ces derniers mois de Tannée 1871 ne peuvent se faire aucune idée de l'aspect qu'offraient alors Paris et Versailles. C'était comme un épanouissement universel. On respirait largement, profondément : il semblait qu'on vécût doublement.

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paient le peuple en exploitant sa confiance, et au qui, prêts à trembler devant ces, ne faisaient rien

pour l'arracher à ces perfides influence^ >nversation

était une préparation aux études sociales.

Tout, d'ailleurs, autour de nous, semblait disposé par la Providence pour ramener sans cesse nos esprits vers les préoccupations, qui les avaient si fortement saisis pendant la lutte contre l'insurrection.

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