‹ Ma vocation socialeChapitre 21 sur 103 · II. -- ASPIRATIONS CHRÉTIENNES ET SOCIÀ · texte numérisé non relu

II. -- ASPIRATIONS CHRÉTIENNES ET SOCIÀ

Bran, député de l'Ain, comptait parmi les plus assidus : royaliste dévoué, catholique ardent, orateur admirable, il

était, en même temps, un causeur charmant. L'élévation et la noblesse de ses idées, sa connaissance approfondie des doctrines sociales de l'Eglise, la fermeté de ses principes, donnait fit à sa conversation un prix ineslimabîe : la distinction de toute sa personne, la pureté de son langage, la grâce de ses gestes y ajoutaient une séduction infinie, et d'autant plus frappante que sa modeste simplicité le désignait inoins à l'attention.

Nous lui faisions part, René de La Tour-du-Pin et moi, de nos aspirations, qu'il encourageait avec la chaleur contenue de son âme lyonnaise.

Cependant elles demeuraient encore flottantes et imprécises. Quand j'essaye de retrouver, avec une pleine sincérité, les sentiments qui, en cet été de 1871, agitaient mon àme, je les vois tous confondus dans un immense désir de régénération chrétienne et sociale. C'était à ma profession que je l'appliquais d'abord. J'étais bien loin, à cette époque, de penser à l'abandonner ; elle me semblait, en quelque sorte, consacrée par les épreuves, les deuils et les humiliations de la patrie, j'étais entré dans l'armée, comme on y entrait il y a cinquante ans, dans les familles que les révolutions politiques avaient éloignées des autres carrières, pour y passer quelques années de jeunesse : les circonstances m'y avaient retenu. Après la guerre, le métier des armes m'apparut transliguré: il devint à mes yeux, aux yeux d'un très grand nombre d'ofliciers de ma génération, la fonction patriotique par- excellence. Un horizon nouveau de devoirs et de travaux s'ouvrit devant nous. Le service unive s'imposait à tous les esprits ; on devinait qu'il transformerait les conditions de la vie militaire. Nous pressentions, dans toute son étendue, ce « rôle social de l'offi-

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Mais l'effort était encore insuffisant, et nous en faisions tous le douloureux aveu.

Une bibliothèque et une sorte de cercle d'études militaires furent, à <• oque, créés a Paris ! risation du Ministre de la guerre, et tant installés dans quelques salles înoc - de la caserne Bellechasse. Je passais la une bonne part des ht liberté que me laissait mon service, et je un vif souvenir de cette fat le nom que prit le cercle nouveau), dir ses débuts par le commandant Fix, officier très distingué du corps d'étatmajor.

Je note ces circonstances pour montrer combien, dans notre pensée, se liaient étroitement le souci militaire et la préoccupation religieuse. L'une et l'autre, dans nos PS de régénération sociale, nous semblaient inséparables.

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