‹ Ma vocation socialeChapitre 25 sur 103 · II. — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES ET SOCIA · texte numérisé non relu

II. — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES ET SOCIA

levée dans son âme, à la préoccupation du péril que l'organisation révolutionnaire faisait courir à la société, il ne voyait pas à mon activité de meilleur emploi que cette œuvre rétrospective : « Ecrivez ce que vous avez entendu, observé: rien ne sera plus actuel, plus intéressant et plus utile. » J'avouai que mon esprit était tourné d'autres ambitions, que l'action sociale m'attirait, sans que je pusse encore définir sous quelle forme, mais qu'une idée me dominait, tous les jours plus impérieuse, la nécessité d'opposer a l'esprit révolutionnaire l'affirmation catholique pleine et entière. Je nommai de nouveau M*r Mermillod, que je ne connaissais pas à cette époque, mais dont le nom était dans toutes les bouches : car on se souvenait du sermon prophétique prononcé a Sainte-Clotilde, en 18t>N, où il avait, au grand scandale de la société élégante, à la grande colère du gouvernement impérial et de la cour des Tuileries, flétri la sceptique indifférence des classes élevées et prédit la prochaine explosion des colères populaires. J'avais lu ce sermon après la Commune rj'en exprimai mon admiration. Maisl'évêque était décidément au terme de sa patience. Il venait, dans une lettre pastorale, de proclamer solennellement, avec une noble simplicité, son adhésion au dogme défini par le concile : soumis en son âme et conscience, l'indomptable lutteurne pouvait, cependant,au souvenir des combats de la veille et des adversaires d'hier, maîtriser l'ardeur de ses ressentiments. 11 s'emporta contre M ' Mermillod dans un langage si vif que j'en fus bouleverse. Presque à demi-voi\. je dis : « Ail ! Monseigneur, quel trouble pour nous, simples fid< quand nous voyons de si profondes divisions subsister entre ceux de qui nous attendons la lumière : vous éliez pourtant d'accord sur le fond! »

L'évêque, sur ce mot, le visage empourpré, bondit du fauteuil à la Voltaire où il était assis, et s'écria : « D'accord sur le fond ! ne dites pas cela, nous ne L'avons jamais Puis, comme effraye de sa propre parole, peut-

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qu'il pleurait. Le si! 'ait absolu, une a

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apaisé, me remercia par nue brève allocution, et IV tance s'éloigna, profondément impressions

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venues assaillir cette grande àme ?

Ce fut très peu de temps après ma visite à l'évêque d'Orléans que je vis Louis Veuillot. La coïncidence.

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