‹ Ma vocation socialeChapitre 26 sur 103 · II. — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES, ET SOCIALES · texte numérisé non relu

II. — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES, ET SOCIALES

d'ailleurs, n'eut rien de prémédité. En cet été de 1871, tous les foyers de la vie catholique et d'activité sociale m'attiraient : je m'en approchais avec une curiosité mêlée d'espérance, semblable à un homme qui cherche sa route, en s'arrètant à tous les poteaux. Sur aucun d'eux je n'avais reconnu ma voie. Je me souvi (Mitre autres, d'une séance du comité catholique de Paris à laquelle un de ses membres, informé de nos préoccupations, nous avait fait inviter, La Tour-dupiu et moi. Ce n'était pas alors l'assemblée nombreuse et active qui devait bientôt, sous l'impulsion deM. Chesnelong, compter tant de membres éminents et susciter des congrès si brillants, mais un petit conciliabule d'hommes excellents, encore habitués à la réserve discrète que la surveillance impériale avait longtemps imposée aux œuvres religieuses.

La réunion se tenait chez l'un d'eux, dans une maison du faubourg Saint-Germain. Nous y fûmes très cordialement accueillis, mais nous en sortîmes oppressés; on n'y sentait pas la vie, et nos âmes en débordaient.

Les patronages d'apprentis et de jeunes ouvriers auraient pu nous attirer davantage : ils étaient, à cette époque, nombreux et ilorissants. La Commune leur avait donné la consécration du martyre, en assassinant l'abbé Planchât, directeur du patronage de Charonne, mis à mort par les insurgés m parce qu'il était prêtre de Jésus-Christ et se dévouait au peuple en son nom. J'ai dit comment, en 186S, à Clermont-Ferrand, j'avais été mêlé à l'existence de l'un d'entre eux. Il semble donc que nous aurions dû naturellement rencontrer de ce côté une réponse à nos aspirations. Pourquoi n'en fut-il pas ainsi? C'est le secret de Dieu et le mystère de ses desseins.

Rien de ce que nous voyions ne retenait nos cœurs. Mgr de Ségur avait, avant la guerre, commencé à grouper les directeurs d'œuvres ouvrières, pour qu'ils pussent mettre en commun les résuh^fde leur e^pé-

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