‹ Ma vocation socialeChapitre 29 sur 103 · II, — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

II, — ASPIRATIONS CHRÉTIENNES

mait par des exemples décisifs, était la fausseté des dogmes de 1789. Par là son enseignement ajoutait la force de l'observation à tous les principes philosophiques qui m'éloignaient de la Révolution.

Ainsi peu à peu, se formait dans mon esprit un ensemble de convictions religieuses et sociales. Elles lient avec les idées politiques dont mon éducation première m'avait laissé les premiers germes.

J'avais grandi dans la tradition légitimiste, telle que beaucoup de familles du faubourg Saint-Germain Pavaient conservée bous l'Empire, en se bornant à une opposition société, digne et réservée

lui 1860, les événements d'Italie, l'invasion des Etats pontificaux, encouragée par Napoléon III, avaient rendu • opposition plus agressive. Le combat de Castelfldardo, où la fleur de la noblesse française était tombée sous les coups des Piémontais à deux pas de nos soldats, retenus immobiles par la consigne politii avait soulevé parmi les miens la plus violente indignation.

Un des frères de ma mère, le comte Kernand de La Ferronnays, avait compté, dans l'exil, parmi les plus fidèles serviteurs de M. le comte de Chambord ; il était mort subitement, à ses côtés, dans une voiture de chasse, au mois de décembre 18(>7.

Toutefois, avant la guerre, si j'étais royaliste, pour ainsi dire d'habitude, je ne l'étais ni avec beaucoup de ferveur, ni surtout avec beaucoup de réflexion. Je ne sentais pas en moi la raison d'être d'une fidélité dont je n'avais jamais connu l'objet et qui demeurait passive. Il s'en était fallu de peu, ou pour mieux dire il n'avait tenu qu'à la désapprobation de mon père devant laquelle je m'étais incliné, que je n'acceptasse, à ma rentrée d'Afrique, des offres venues de l'entourage impérial, en me faisant présenter aux Tuileries.

C'était en 18^8, pendant ma garnison de Clermontrand, où je remplissais les fonctions d'officier d'or-

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ment à mon alTaire du répriment, m'en congédia d amical. Les objections de ma famille

tirent le reste.

Plus tard, l'Empire libéral m'avait un moment enthousiasmé. Puis la d l'humiliation de Se l'invasion effacèrent sous un flot de colère ces im] sions fugitiv

Au lendemain de la j la restauration de

Monarchie légitime, I ;ueile, six mois auparavant, nul ne songeait, parut soudain l'unique moyen de relever la patrie de ses ruines. L'Assemblée nationale, en immense majorité royaliste, pouvait a Bordeaux

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constitution, accomplir cet acte sauveur : elle le devait. Pour le malheur de la France, elle n'osa.

L'histoire, dégagée des débats passionnés, des jugements hàtit's et des arrêts précipités, dira comment fut perdu pour notre pays le salut inespéré que Dieu lui

it, et quelles furent les responsabilités engag flans ce grand désastre.

<Hioi qu'il en soit, *m 1871, la République semblait à jamais déshonorée parla Commune; l'Empire était accablé. La Monarchie paraissait la seule conclusion normale des longues épreuves de la nation.

J'étais donc, à cette époque, par raison comme par éducation, royaliste d'opinion et de désir. Mais je l'étais aussi, et je le devins à ce point de vue très ardemment, pane qu'alors la royauté, telle que la présentait au pays M. le comte de Chambord, se révélait à moi Comme l'expression politique des idées qui germaient dans mon esprit. Je la comprenais comme l'antithèse de la Révolution, et c'était avec ce programme, que je la croyais nécessaire, que je l'espérais possible, que je voulais la voir triompher.

Les livres que je commentais à dévorer fortifiaient dispositions. Je n'avais jamais été travailleur. Médiocre écolier, refusé au baccalauréat es lettres, arrivé non sans peine au baccalauréat es sciences, et à l'Ecole militaire, j'avais cependantrecu, dans ma familled'abord, d'un vieux précepteur, excellent latiniste, qui avait été celui de mon père, M. Esbelin, puis au petit coll libre de Versailles où j'avais grandi, de deux maîtres excellents, M. l'abbé Paris et M. Censier,une formation intellectuelle et littéraire, incomplète par ma faute, mais assez sérieuse. Je garde à ces trois professeurs de mon enfance une profonde reconnaissance.

Mes parents aimaient la lecture avec passion et leur

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