‹ Ma vocation socialeChapitre 31 sur 103 · FONDATION DE [/ŒUVRE · texte numérisé non relu

FONDATION DE [/ŒUVRE

à leurs yeux : «Notre cœur était tout brûlant, lorsqu'il nous entretenait. •> C'est bien l'impression que je retrouve sous la cendre des années.

Maignen ne parlait plus de son cercle, il parlait du peuple et il parlait des riches ! 11 ne demandait plus l'aumône, il enseignait l'amour, et il ordonnait le dévoûment. Nous étions debout près de la fenêtre : entre les arcades, la ruine prodigieuse du château des Tuileries dressait tragiquement son dôme crevé et ses murailles calcinées. L'homme de Dieu les montrait : « Oui, disaitil, cela est horrible, cette vieille demeure des rois incendiée, ce palais détruit, où tant de tètes éblouirent les veux. iMais qui est responsable? Ce n'est pas le peuple, le vrai peuple, celui qui travaille, celui qui souffre! les criminels qui ont brûlé Paris, n'étaient pas de ce peuple là... mais celui-là, qui de vous le connaît*?... Ah ! les responsables îles vrais responsables! c'est vous, ce sont les riches, les grands, les heureux de la vie, qui se sont tant amusés entre ces murs effondres, qui passent à côté du peuple sans le voir, sans le connaître, qui ne savent rien de son âme, de ses besoins, de ses souffrances... Moi, je vis avec lui, et je vous le dis de sa part, il ne vous hait pas, mais il vous ignore comme vous l'ignorez : allez à lui, le cœur ouvert, la main tendue, et vous verrez qu'il vous comprendra. »

L'homme de Dieu s'était transfiguré : son regard brillait d'un l'eu surnaturel, sa voix vibrait d'un accent dominateur. Soudain, il s'apaisa, ses yeux se voilèrent, adoucis; il passa sur sa longue barbe une main frémissante, et lorsqu'il l'écarta, le sourire avait reparu surses lèvres. Il s'excusa de son animation, et, me voyant conquis, se retira m'a y a ni seulement prie de lui rendre sa visite, en venant à mon tour présider la prochaine assemblée des membres du cercle. Je le promis. Ainsi se décida mon avenir.

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tombait sur le boulevard Montparnasse, j< ntai,

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riant et paternel, et, aussitôt, me conduisit dans la salle longueet basse, d'un rez-de-chaussée presque ensous-sol, où les ouvriers me reçurent avec des applaudissent

J'avais écrit et appris mon discours : je l'ai, par une peu- anaissant souvenir envers ceux qui

lirent ce premier b* : de ma parole, publié dans le recueil de mes œuvres '.Je en repens pas : en le

relisant, je me défends mieui

et je me replace plus facilement dans l'état d'esprit où jetais alors.

Ce n'est pas le discours d'un réformateur en liei c'est simplement l'apostrophe émue d'un . eneoret

i. Discours du c Mun, t. !. p. 13.

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