III. — FONDA NON DE I 01 UVRE
tout cliaud des combats de la veille, tout brûlant d'amour pour la patrie mutilée, à des jeunes £ens, soldats euxfnômea hier ', ou qui demain vont entrer dans les rangs et c'est aussi le salut fraternel *Vuu chrétien, heureux (l'affirmer sa ferveur naissante, à des travailleurs, chrétiens comme lui, dont la foi courageuse a séduit neur.
En cette fin de l'année terrible, telles étaient l>ien les aspirations confuses qui agitaient mon àme. La soirée du 10 décembre leur imprima soudain un cours nouveau et une forme précise.
'Candi.1- que, debout derrière la table d'honneur, je disais mon discours, quelque chose d'inconnu, d'inexprimable, se remuait en moi : les yeux de ces ouvriers parisiens, fixés sur les miens, faisaient vibrer tout mon être, comme si un courant électrique nous eût mis en contact ; un souffle surnaturel traversait la petite salle où s'enfermait le mystérieux dialogue de nos cœurs ; les paroles qui sortaient de mes lèvres au milieu du silence n'avaient plus leur sens accoutumé. Je croyais prononcer la formule d'un pactesolennel ; sans le savoir, sans le vouloir, irrésistiblement, je me donnais tout entier.
Quand j'eus fini, un de mes auditeurs, assis prémoi, m'étreignit les mains; il avait la barbe hirsute, la chevelure en désordre. C'était Léon Gautier, l'amant passionné du moyen âge chrétien, l'enthousiaste historien des « épopées françaises •, celui dont l'œuvre fut symbolisée par le chevalier de Prémiet, revêtu de sa cotte et de ses armes, qui tient devant sa poitrine, comme une devise et un cri de bataille, le mot Ci gravé sur une banderole. Puis quelqu'un se leva pour me répondre, minée, avec l'allure d'un officier d'infan-
1. Plusieurs membres du cercle avaient pris part ù la déf nationale, les uns dans L'armée de la Loire, les autres dans les régiments de marche p.iris^ns. L'un d'eux, engagé volontaire, été tué par un obus sur le plateau d'Avron. La salle des tercle avait été, pendant le siège, convertie en ambulance.
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dit, i:
: : lant sou Paul Vrignault. Qui le i roii il était f
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moderne d i protocolaire, il trait
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foi - dai ( Euvre naissante ane influ m% enl •
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maison tout le temps que lu il. 11 présidait la conf< int- Vincent de
Paul, où ces jeu t Puni
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soir et le dinianel ir pr« plus
pauvres qu'eux.
Le ; nt du * rurier.
prit la parole après Paul Vrignault S ane harang ne fut qu'un remerciement ordinaire; mais l'éclat son regard, le tremblement . voix lui donnèrent
éloqui nce inattendue. On < ùt dit que lui aussi voulait s'en irrévocablement. Le
mnait de joie. Pour moi, jeu par une force intérieure.
Je sortis danje seinarn
mais sa liant que ma vie était tixée.
i. Vrignault avait >er\i. pendant le - fiaient <i in-
fanterie; déjà d'ailleurs, en .are par le sacrifice milita:
avait couru a Home pour porter : ir? auxbles?es de Mentana.
m. fondation ni: l'oeuvre <>7
Je demeurais alors, je l'ai dit, avenue de l'Aima, 51, chez mon fr lé llobcrt. Nous nous aimions tendre-
ment ; il était à peine plus âgé que moi de deux ans. Elevés ensemble à Versailles, chez l'abbé Paris, nous n'avions été séparés que très peu d'années, par sa carrière militaire, commencée plus tôt que la mienne. Après de courtes et brillantes études, il était entré à Saint-Cyr à dix-sept ans et demi ; à dix-neuf ans, il était sous-lieutenant au 2" régiment de carabiniers, et, deux ans plus tard, il etail passé au -V régiment de chasseurs d'Afrique où bientôt, sorti de l'Ecole à mon tour, je le rejoignais. Notre tendresse s'était encore avivée dans l'étroite communauté de la vie africaine, qu'il avait quittée pour se marier, deux ans avant moi. Après la mort de sa femme, survenue presque aussitôt, il s'était jeté dans les œuvres, et dévoué très jeune aux patronages d'apprentis fendes par le vicomte de Melun.
Mon retour d'Afrique nous avait rapprochés de nouveau. Il avait reconstitué son loyer, tandis que je me mariais moi-même, et la fraternelle amitié de nos deux ménages avait accru notre intimité.
Après les premiers désastres de 1870, il avait immédiatement repris dans l'armée sa place et son grade, pour ne les abandonner qu'à la tin de la guerre, et, depuis lors, éloigné de Paris par suite d'obligations de Camille, il venait d'y rentrer eu ce dernier mois de 1871.
Il m'y retrouvait dans cette maison de l'avenue de l'Aima, où ma belle-sœur et lui nous avaient, après la Commune, offert une affectueuse hospitalité, et qui allait devenir le b . i de l'Œuvre des cercles catholiques. C'était au lendemain de ma visite au cercle Montparnasse, à l'heure que Dieu avait marquée.
Comme notre sainte mère, dont sa figure rappelait les beaux traits, il avait l'âme prompte aux généreux
thousiasme. Ri La i
ment, en tiers dai sur la forme
r, DOU8 pi
osur, l'instruii a i t en 1 1 Bauver le <
emblables dans tou< mençanl par lea plue populaires, p Montmartre, encore frémis rain-
. là mêm ou la re et
d'injustice, d*< : de n - un
r, dressée devant nous.
Maignenet Paul Vrignaultapplati tion : pour l'un. C'était, salut de s<»n cercle hien-
aimé, !a moisson promise, dan^ gués i.
à la semence amoureusement pour l'autre, c'était ufl champ sans limites, tout
• uvert aux pi .ns de son z-
lique.
Habitués l'un et l'autre a uvre pliil-
phique et sociale de la Révolution fi ïisme et la destruction de l'antique tion du
travail, le rationalisme et 1 illes tradi-
tions catholiques, passionnément attachés aux enseignements dé Pie IX. qui exaltaient leur et continuaient, par la condamnation du libéralisme] catholique, toutes leurs tendances d- ils retrou-
vaient avec bonheur, dans les idées que nous exprimions, l'écho de leurs propres pensées. Avant même qu'elle ne fût née, l'œuvre nouvelle grandissait dans notre esprit. Nous n'y voyons plus seulement un développement des méthodes d'apostolat appliquées au cercle Montparnasse : elle nous appara -urtout comme un vaste