CHAPITRE PREMIER
La Leçon des événements
La dernière année de L'Empire : premières impressions catholiques. — La guerre : le capitaine <1<> La Tour-du-Pin. — La captivité : Aix-la-Chapelle; le livre d'Emile Keller; les catholiques allemands; résolutions. — La Commune : les responsabilités; L'église <le Belleville; la bourgeoisie parisienne: l'Elysée et le Louvre.
Avant toute chose, il me faut évoquer les circonstances qui servent de cadre à mon récit, et faire comprendre aux lecteurs, comme on dit aujourd'hui, « l'état d'Ame » de ceux qui vont y paraître. Il s'ouvre à l'été de 1871, à la fin de ce cycle de onze mois que Victor Hugo a appelé « Tannée terrible », où se sont déroulés, dans une suite de tableaux tragiques, la guerre, l'invasion, la Commune de Paris.
Chacun avait l'impression qu'il renaissait à la vie, et non pas seulement à la vie matérielle, mais à la vie moral'1, à la vie nationale, à la vie patriotique : car tout s'était effondré en même temps, la gloire, l'honneur, l'intégrité de la patrie, la sécurité intérieure. Nul, entre les survivants, n'a perdu le souvenir de cette heure unique, où les plus intenses émotions de la douleur et de l'espérance se confondaient dans les âmes. C'était le réveil, à la fois angoissant et soulagé, qui succède au cauchemar.
J'étais alors lieutenant de cavalerie; j'avais exactement trente ans. Sorti de Saint-Cyr neuf ans auparavant, en 1862, j'avais passé les cinq premières années de ma carrière en Algérie, au '.V' régiment de chasseurs
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lustre de cet immortel Frédéric Ozanam, qui, simple étudiant en 1833, plus tard professeur incomparable par son éloquence, son ardeur et sa foi, donna le s . ■< l'action populaire chrétienne
Le patronage des jeunes gens de Clermont-Ferrand avait été fondé par la Conférence de Saint-Vincent de Paul de la ville. J'y fus conduit par un ami. Le gouvernement impérial, bien qu'entourant la religion d'un respect officiel et la conservant dans l'éducation comme base de la morale, était loin de laisser à l'Eglise sa pleine liberté. On avait vu. peu d'années auparavant, la Société de Saint-Vincent de Paul, malgré son caractère exclusivement charitable, menacée dans sr.n existence