I. LA LEÇON DES i.VHNK.Mi \ l.'i
parle ministre de l'Intérieur, M. de Persigny, dont une circulaire célèbre l'assimilait à la Franc-Maçonnerie, en offrant à Tune et à l'autre le patronage administratif. L'enseignement libre était entouré d'une jalouse surveillance. La vie catholique s'enfermait dans les églises et dans les cérémonies religieuses. Les congrès, les pèlerinages, dont notre temps a connu l'éclat, étaient
ignores.
L'Empire, d'ailleurs, en cette phase de son histoire, voyait ses relations avec l'Eglise et ses représentants se tendre de plus en plus, depuis qu'à la suite de la guerre d'Italie, Napoléon II l avait permis au Piémont de s'emparer des Etats pontificaux.
Malgré tout cependant, jamais, en 1868, on ne se fût avisé de dénoncer un officier à ses chefs, parce qu'il allait à la messe ou s'occupait d'une œuvre catholique. Donc, sans que nul y trouvât à redire, sans que mon service en souffrît, j'étais membre de la « Conférence » de Clermont et je fréquentais le patronage : après quarante ans écoulés, je ne puis songer, sans une émotion reconnaissante, aux parties de jeu du dimanche avec les jeunes ouvriers, et aux joies goûtées parmi les familles pauvres du quartier populaire qui s'étendait derrière l'église des Minimes.
C'était le temps où venait de paraître la bulle du pape Pie IX qui convoquait à Rome, pour Tannée suivante, tous les évoques du monde en concile œcuménique; la calme majesté de cet acte solennel, accompli à l'heure où le souverain Pontife, abandonné par les nations chrétiennes et livré à ses spoliateurs, semblait irrémédiablement vaincu, saisit fortement mon esprit.
L'éducation d'alors, j'entends l'éducation chrétienne, ne préparait pas toujours, autant qu'il l'aurait fallu, les jeunes intelligences à comprendre le grand rôle de la Papauté dans le monde. Bien des hommes de mon âge, sortis de familles catholiques, ne possédaient qu'une notion confuse de l'Eglise, de sa doctrine et de son his-
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